Football

On refait le match, pour de vrai

L’Afrique du Sud et le Sénégal se retrouvent un an après pour rejouer un match que la FIFA a invalidé en raison d’un arbitrage plus que douteux

Afrique du Sud-Sénégal le 10 novembre à Polokwane, Sénégal-Afrique du Sud le 14 novembre à Dakar. Cette double confrontation, décisive pour la qualification à la Coupe du monde 2018, n’est pas un barrage comme celui qui oppose la Suisse à l’Irlande du Nord. Si les Bafana Bafana et les Lions s’affrontent deux fois en cinq jours, c’est parce qu’une première rencontre disputée en novembre 2016 en Afrique du Sud a été invalidée par la FIFA. Fait rare, le match a été jugé à rejouer. Le 10 novembre 2017, presque un an après les faits. Pour «manipulation de match».

Il est exceptionnel que la FIFA fasse rejouer un match. L’un des rares précédents remonte à un Ouzbékistan-Bahreïn disputé le 3 septembre 2005, durant lequel l’Ouzbékistan obtient un pénalty. Le tireur marque mais un de ses équipiers a pénétré dans la surface de réparation avant le départ du ballon. L’arbitre dicte un coup-franc en faveur du Bahreïn alors que le règlement ordonne de faire retirer le pénalty. Protêt pour faute technique, tous les capitaines d’équipe connaissent le truc.

Rebondissement salvateur

En Afrique du Sud, le 12 novembre 2016, c’est encore une histoire de pénalty mais le cas est bien différent. Sur une tête de l’attaquant sud-africain Rodgers, le ballon vient frapper les cuisses du défenseur sénégalais Koulibaly. Presque ses genoux. Tout le monde se place pour le corner mais l’arbitre ghanéen, Joseph Lamptey, désigne le point de pénalty. L’Afrique du Sud gagne le match 2-1 et le sélectionneur sénégalais Aliou Cissé se montre fataliste: «En ce qui concerne l’arbitrage, nous sommes en Afrique et nous devons nous adapter à ces façons de faire.»

L’affaire rebondit lorsque l’arbitre est suspendu trois mois par la Confédération africaine (CAF) puis à vie par la FIFA en mars 2017. Joseph Lamptey fait recours de l’accusation «d’influence illégale sur le résultat d’un match» devant le Tribunal arbitral du sport de Lausanne mais il est débouté. Début septembre, la FIFA ordonne de rejouer le match.

Une simple erreur humaine?

La fédération sud-africaine est tentée de contester cette décision puis y renonce, le 12 septembre, après avoir reçu «des informations additionnelles» de la FIFA. Lesquelles? Détail étonnant, dans aucun document il n’est fait mention d’un commanditaire. Pour qui ou pour quoi Joseph Lamptey a-t-il truqué le match?

Interrogé par un journal sénégalais, l’arbitre défend son honneur et plaide «l’erreur humaine». Auquel cas son arbitrage est très humain. Suspendu deux ans par la CAF en 2010 pour un but de la main validé en demi-finale de Ligue des champions, il s’était distingué en septembre 2016 avec un penalty généreux accordé au Cameroun contre la Gambie (2-0) puis un deuxième avant que son assistant ne le déjuge. Le football africain doit sans doute se réjouir de l’arrivée de l’arbitrage vidéo.

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