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Carlos Alberto, auteur du quatrième et dernier but du Brésil contre l’Italie lors de la finale de la Coupe du monde 1970 disputée au Mexique.
© Popperfoto / Getty images

Un pays, un poste (3/7)

«Os laterais», les ailes du Brésil

L’évocation des latéraux brésiliens est une invitation à la rêverie, parce qu’ils ont toujours été différents et ont souvent marqué des buts sublimes. Défendre haut en attaquant est la nouvelle mode dans le football; au Brésil c’est une seconde nature depuis soixante ans

Une série en 7 épisodes

Les gardiens allemands, les défenseurs italiens, les latéraux brésiliens, les numéros 10 français… Pourquoi certains footballs ont-ils souvent produit des joueurs d’exception à un poste précis? Jusqu’au début de la Coupe du monde, Le Temps explore chaque samedi les relations sportives, historiques et culturelles qui lient un pays à un poste. (L.Fe)

Premier épisode: Le gardien allemand, über alles

Deuxième épisode: Le «marcatore», ange noir du Calcio

De toutes les traditions footballistiques que Le Temps explore à travers «Un pays, un poste», celle-ci est la moins contestable, la plus évidente, la plus nourrie d’exemples. C’est aussi la seule dont on peut dater précisément l’origine. Le 8 juin 1958 n’est pas totalement une date de naissance mais assurément un acte fondateur.

L’équipe du Brésil dispute ce jour-là à Uddevalla contre l’Autriche son premier match de la Coupe du monde en Suède. Au début de la seconde mi-temps, 1-0 pour le Brésil, l’arrière gauche Nilton Santos intercepte une passe adverse. Au lieu de transmettre le ballon à un milieu de terrain, il s’enfonce dans le flanc autrichien. Le pourtant placide Vicente Feola, qui dit-on a parfois tendance à s’endormir pendant les matches, sursaute sur son banc. «Volta, Nilton! Volta!» («Reviens!»)

Un style unique

Nilton Santos n’entend rien, ou n’écoute pas. Le voici déjà devant la surface puis, après un une-deux avec Altafini, face au gardien, qu’il trompe d’un ballon piqué de l’extérieur du pied droit. But! Feola ne peut qu’applaudir. La Coupe du monde 1958 est sur le point de mettre au monde deux phénomènes: Pelé et les latéraux brésiliens.

Nilton Santos jouait comme Garrincha au Botafogo, et c’est ce qu’il fut: un boutefeu. L’étincelle d’un mouvement qui allait embraser le football mondial. Soixante ans plus tard, il n’y a toujours eu qu’un seul Pelé mais des dizaines de latéraux brésiliens offensifs et audacieux ont fait se lever les foules et bondir leurs entraîneurs. L’évocation de leurs noms est une farandole plus rythmée qu’une batucada: Djalma Santos, Marinho Chagas, Leandro, Jorginho, Leonardo, Cafú, Maícon, Marcelo, Dani Alves.

Il y a tellement de bons joueurs au Brésil qu’il faut parfois accepter d’être latéral pour avoir une place dans l’équipe

Ces défenseurs attirés vers le but adverse ont créé un style unique. Sous le maillot auriverde, le 2 et le 3 sont des numéros d’équilibristes, portés par des funambules qui arpentent le couloir comme s’il s’agissait d’un fil par eux seuls tendu. Parce qu’il ne faut surtout pas perdre la balle, parce qu’il n’y a guère d’échappatoire autre que le tir ou le centre, ils ont souvent frappé notre imaginaire par des buts improbables qui, comme eux, surgissaient de nulle part. C’est Carlos Alberto dans le dos de Pelé en 1970 contre l’Italie, Nelinho surprenant Dino Zoff d’un centre-tir en 1978, Júnior transperçant la défense argentine en 1982. C’est le coup-franc de Branco contre les Pays-Bas en 1994, celui de Roberto Carlos contre la France en 1997. C’est Juliano Belletti qui inscrit le seul but de sa carrière au Barça en finale de la Ligue des champions 2006.

Tout ceci a contribué à enrichir le mythe et à nourrir la fascination mondiale pour ces garçons qui venaient du Brésil et jouaient sur les côtés. En Norvège, un magazine de football s’est même appelé Josimar parce que, vingt-cinq ans plus tôt, ce latéral droit inconnu avait marqué deux buts somptueux lors de la Coupe du monde 1986.

Pas de vocation de défenseur

Les petits Brésiliens sont comme tous les enfants du monde. Ils veulent jouer attaquant. Marquer des buts. De Nilton Santos à Roberto Carlos, aucun n’avait une vocation de défenseur. «Je jouais en pointe», nous dit Cafú. «J’ai commencé milieu de terrain, presque attaquant, à Fluminense. Mon frère également», se souvient le Lyonnais Rafael. L’autre latéral brésilien de l’OL, Marçal, raconte la même histoire: «A Corinthians, un nouveau joueur est arrivé. L’entraîneur m’a dit: «Je t’aime bien, mais il est beaucoup plus fort que toi. Si tu veux rester dans l’équipe, je pense que tu peux jouer latéral.» Un an après, on a découvert que ce joueur avait triché sur son âge; il avait trois ans de plus que nous. L’entraîneur m’a demandé si je voulais reprendre la place devant, j’ai dit non: je sentais que j’avais plus de possibilité à cette place.»

Aujourd’hui, Rafael considère que l’homme qui l’a repositionné dans le couloir droit «a changé [sa] vie». «Il y a tellement de bons joueurs au Brésil qu’il faut parfois accepter d’être latéral pour avoir une place dans l’équipe, comme l’a fait Leonardo à la Coupe du monde 1994. Leur formation leur donne un bagage technique supérieur», observe le défenseur (central) brésilien de Nice Dante Bonfim. L’histoire du latéral brésilien, c’est d’abord celle de celui à qui il manque un petit quelque chose, qui sait que son talent seul ne suffira pas au regard du réservoir exceptionnellement riche du Brésil, qui se voit offrir une seconde chance et s’y accroche avec une détermination et une constance qui lui permettent de dépasser ses rêves et, souvent, ceux qui le précédaient sur la ligne de départ. S’il court comme un lièvre, il a souvent connu le cheminement de la tortue.

Ce qui n’était que le fait d’initiatives individuelles devient dans les années 1970 une stratégie et une invention brésilienne

Humberto Peron, colunista à La Folha de São Paulo

Ce ne serait qu’une histoire de revanche et de volonté s’il n’y avait un contexte. En 1958, le Brésil gagne enfin la Coupe du monde, avec un système tactique en 4-2-4, d'origine danubienne, importé à São Paulo par l’entraîneur hongrois Béla Guttmann. Le dispositif se généralise dans le pays. Il a le bonheur de laisser beaucoup d’espace aux latéraux qui – chassez le naturel, il remonte le terrain au galop – aiment porter le ballon et le danger loin dans le camp adverse. «Ce qui n’était que le fait d’initiatives individuelles devient dans les années 1970 une stratégie et une invention brésilienne, souligne Humberto Peron, colunista à La Folha de São Paulo. Les ailiers ont commencé à rentrer dans le terrain et les latéraux ont eu le champ libre sur les côtés. En équipe nationale, ils ont pris une importance fondamentale à partir de la Coupe du monde 1974. Il y a d’abord eu Nelinho et Marinho Chagas, puis Leandro et Júnior, Jorginho et Branco, Cafú et Roberto Carlos, Dani Alves et Marcelo.»

L’instigateur de ce changement est Cláudio Coutinho, entraîneur de Flamengo au milieu des années 1970 et de la Seleção lors du Mundial argentin. Cet ancien militaire a une vision toute personnelle du «total voetbal» des Pays-Bas. Il abhorre le dribble et ne jure que par l’overlapping, le «chevauchement» pour créer des surnombres, les appels dans le dos, les courses sur les côtés. Le latéral est son cheval de Troie.

Les années 1990 marquent la consolidation du modèle joueur-machine, produit du balayage du corps de l’athlète à travers la science du sport

Francisco Xavier Freire Rodrigues, professeur de sociologie à l’Université fédérale de Mato Grosso

Coutinho meurt accidentellement en 1981 et Telê Santana lui succède en équipe nationale avec une philosophie opposée mais un même goût pour les latéraux offensifs et les méthodes scientifiques d’entraînement. Ce qu’Arsène Wenger introduira à Arsenal en 1996, Telê Santana et son préparateur physique Moraci Sant’anna le font au São Paulo FC depuis 1990. Comme João Paulo Medina à Palmeiras, ou d’autres à Flamengo ou Internacional. «A partir du milieu des années 1980, un courant s’est développé au sein des clubs brésiliens. On voulait former de nouveaux joueurs de manière moderne et scientifique. Les années 1990 marquent la consolidation du modèle joueur-machine, produit du balayage du corps de l’athlète à travers la science du sport», observe Francisco Xavier Freire Rodrigues, professeur de sociologie à l’Université fédérale de Mato Grosso, auteur en 2004 d’une thèse, «Analyse sociologique de la production de joueur de football au Brésil».

Il fallait répondre aux nouvelles exigences du jeu mais aussi être en mesure de proposer un produit standardisé exportable en Europe. De ces clubs-là dans ces années-là sortirent Cafú, Leonardo et Belletti (São Paulo), Jorginho (Flamengo), Roberto Carlos (Palmeiras). Les funambules sont devenus des superathlètes très bien préparés. Ami intime de plusieurs grands joueurs des années 2000, l’agent brésilo-suisse Nilson Locatelli a vécu de l’intérieur le sacre mondial de 2002. «Cafú et Roberto Carlos étaient les deux meilleurs physiquement. Je les ai toujours vus travailler plus que les autres.» «Enchaîner les allers-retours a longtemps été mon point faible», se marre aujourd’hui Cafú.

La grande différence, c’est la confiance. Le Brésilien n’a pas peur de rater son centre, et s’il le rate une fois, il réessayera parce que c’est son jeu.

Leur longévité (les trois Brésiliens les plus capés sont trois latéraux: Cafú, 142 sélections; Roberto Carlos, 125; Djalma Santos, 111) et leur abnégation ont servi de modèle aux plus jeunes. «Mon coach me disait de regarder Cafú et Roberto Carlos à la télévision, se souvient le Lyonnais Marçal. Aujourd’hui, je continue d’observer Marcelo et Dani Alves parce qu’ils jouent le football moderne, avec beaucoup de vitesse et de technique.»

Si tous les latéraux du monde essayent de jouer comme les Brésiliens, seul peut-être l’Allemand Philipp Lahm a égalé (ou surpassé) le modèle. «La grande différence, c’est la confiance, estime Rafael. Le Brésilien n’a pas peur de rater son centre, et s’il le rate une fois, il réessayera parce que c’est son jeu. Je pense que les Européens sont souvent plus hésitants. En ce moment, Marcelo est le meilleur joueur du Real Madrid et la confiance qu’il dégage est extraordinaire.»

Le latéral brésilien est sérieux, travailleur, capable de se fondre dans plusieurs systèmes de jeu et donc d’offrir plusieurs options à l’entraîneur

On parle là du top niveau mondial. Mais sur le marché des transferts, il y a du latéral brésilien pour toutes les bourses et tous les niveaux. Le poste est devenu clé dans le football et le joueur d’origine contrôlée a bonne réputation. «Il n’est jamais facile de signer dans un club comme Manchester United mais peut-être sommes-nous regardés différemment, avec plus d’attention, qu’un latéral polonais», reconnaît Rafael. «Le latéral brésilien est sérieux, travailleur, capable de se fondre dans plusieurs systèmes de jeu et donc d’offrir plusieurs options à l’entraîneur», énumère Nilson Locatelli. «C’est vrai mais les clubs européens veulent d’abord des joueurs offensifs capables de marquer des buts», répond Luiz Greco, ancien recruteur du Shakhtar Donetsk au Brésil.

Dans les six grands championnats européens, ce qui représente donc 116 équipes et 232 postes de latéraux, on dénombre cette saison 46 Brésiliens (selon la plateforme Wyscout). De ces 46 joueurs, 37 sont très régulièrement alignés (plus de 1000 minutes de jeu cette saison) et 29 ont marqué au moins un but. 


Profusion en Europe, pénurie au pays?

Malgré le forfait de Dani Alves (PSG), la Seleção reste bien pourvue pour la Coupe du monde avec Marcelo (Real Madrid), Alex Sandro (Juventus), Felipe Luis (Atlético Madrid), Danilo (Manchester City). Mais la suite inquiète les spécialistes. «Il y a de moins en moins de bons latéraux. Dans la jeune génération, personne n’émerge», constate Luiz Greco, coordinateur juniors pour de nombreux clubs, rencontré au tournoi Blue Stars de Zurich avec les M19 de l’Internacional Porto Alegre. «Aujourd’hui, il n’y a pas dans le championnat brésilien un bon latéral qui peut partir et s’imposer directement en Europe, confirme le journaliste Humberto Peron. Ces dernières années, les équipes brésiliennes ont commencé à opérer avec des systèmes similaires à ceux utilisés en Europe, avec deux lignes de quatre et deux attaquants sur les côtés. Cela finit par limiter la fonction des latéraux, qui ne peuvent plus avancer. Il faudra voir d’ici cinq à dix ans les conséquences de ce changement tactique mais je ne suis pas très optimiste.»

(L.Fe)


Cafú: «Ma vocation, c’était d’attaquer. J’ai appris à défendre»

L’ancien capitaine de la Seleção estime que le latéral brésilien est désormais installé dans un fauteuil. Et que lui pourrait encore tenir sa place avec quelques années de moins

Lors du match de charité organisé le 21 avril à Genève par l’UEFA et l’ONU, le public l’a retrouvé comme il l’avait quitté dix ans plus tôt, à l’arrêt de sa carrière: en parfaite condition physique et arpentant sans relâche son couloir droit. La veille, il nous avait reçus à l’hôtel pour évoquer son parcours personnel et la tradition des latéraux brésiliens, «un phénomène réel mais inexplicable» auquel il ne trouvait «aucune explication scientifique». Mais en creusant un peu…

Le Temps: Comment vous êtes-vous retrouvé latéral?

Cafú: J’ai débuté en pointe. Le premier entraîneur qui m’a fait jouer latéral droit est Carlos Alberto Silva à São Paulo, quand j’avais 19 ans. Je ne voulais pas parce que ma vocation, c’était d’être ailier ou milieu, mais il a insisté et Telê Santana, qui lui a succédé, a insisté également. J’ai commencé alors à penser comme un latéral et à travailler pour me conformer à ce poste. C’est une tout autre manière de jouer: la façon de toucher la balle, de la transmettre, de se positionner; tout est différent.

L’apprentissage fut-il difficile?

Au début, j’avais des difficultés avec le marquage parce que, comme latéral, il faut à la fois surveiller l’attaquant et la position des défenseurs centraux, mais avec le temps, en travaillant, c’est devenu naturel pour moi. J’ai aussi beaucoup travaillé pour pouvoir enchaîner les courses. J’avais la vitesse mais pas la résistance.

Aviez-vous des modèles?

Je m’en suis créé parce que je n’avais pas la culture du poste. Je me suis beaucoup nourri de cassettes VHS de Carlos Alberto Torres. Il avait déjà un jeu très moderne. Mais bon, il jouait dans une telle équipe! Que des grands joueurs, un milieu de terrain très impressionnant, tout à deux ou trois touches de balle. Ensuite, j’ai eu la chance de pouvoir observer de près Jorginho, j’ai été son remplaçant pendant tellement d’années [cinq ans en équipe nationale]. Lui m’a vraiment fait comprendre ce qu’était un latéral.

Jorginho était d’accord de vous aider?

Oui, il était très bienveillant. Mais pour nous au Brésil, c’est naturel. Lorsqu’un joueur comprend qu’il n’est plus le meilleur, qu’il doit laisser sa place de titulaire à un autre, il l’accepte et il n’hésite pas à enseigner, à expliquer aux plus jeunes. Quand Jorginho me disait: «Ecoute, tu devrais plutôt t’y prendre comme ça…», j’écoutais avec la plus grande attention. Et ça me faisait plaisir qu’une personne comme lui, avec tant d’expérience, prenne la peine de m’aider à m’améliorer.

L’avez-vous ensuite fait pour d’autres?

Oui, bien sûr, et toujours avec grand plaisir. Mais à la fin, tout dépend de celui qui écoute. Est-il prêt à entendre les choses désagréables? A-t-il l’intelligence de se remettre en question? Est-il capable d’assimiler?

On dit aujourd’hui que le poste de latéral est le plus exigeant du football moderne…

Je ne suis pas d’accord. C’est certes une position complexe qui demande d’être polyvalent, de bien comprendre le jeu et de développer une relation de confiance avec ses partenaires, principalement le défenseur central et le milieu défensif les plus proches de vous. Mais sinon, je pense au contraire que c’est actuellement l’un des postes les plus confortables, parce que le latéral n’a plus besoin d’enchaîner les allers et retours dans son couloir; lorsqu’il monte, il est couvert par quelqu’un. Et défensivement, il est beaucoup plus aidé qu’avant par l’attaquant qui se trouve de son côté. Regardez Marcelo au Real Madrid: il est positionné plus haut que Toni Kroos. Kroos sait que Marcelo va monter et vient prendre sa place. Pareil pour Dani Alves au Barça: il jouait très haut parce que son équipe ne perdait pratiquement jamais la balle. C’est beaucoup plus facile aujourd’hui. Franchement, si j’avais quatre ans de moins, je pourrais encore avoir ma place, de la façon dont ils jouent aujourd’hui.

Marcelo et Dani Alves, les titulaires en Russie, sont-ils au niveau des grands joueurs historiques?

Pour moi, pas encore. Pour être aussi importants et influents que Carlos Alberto, Jorginho, Roberto Carlos, Cafú, il faut gagner une Coupe du monde.

(Propos recueillis par L.Fe)


Top cinco

Nilton Santos

Le précurseur. Treize ans d’équipe nationale, quatre coupes du monde, deux titres (1958 et 1962). Avec Botafogo comme avec la Seleção, il se distinguait par son élégance, son allant offensif, son sens tactique et son fair-play à une époque où aucune de ces conditions n’était requise à son poste. Il forma à distance un formidable duo avec son presque homonyme Djalma Santos, le latéral droit. Les deux hommes moururent même à quelques mois d’intervalle en 2013. Le stade d’athlétisme des Jeux olympiques de Rio 2016 porte son nom.

Carlos Alberto Torres

Tout le monde a vu au moins une fois son but en finale de la Coupe du monde 1970, la perfection collective du mouvement, la passe aveugle de Pelé, la puissance toute de relâchement de son tir, l’explosion de joie, le triomphe du beau jeu. Dans cette équipe de stars (Pelé, Tostão, Gérson, Rivelino, Jairzinho), il était, lui Carlos Alberto, «o capitão» (le capitaine). Barré par un Djalma Santos vieillissant en 1966, blessé en 1974, le partenaire de Pelé à Santos n’aura brillé que durant une seule coupe du monde. On en parle encore cinquante ans après.

Junior

La figure emblématique de Flamengo, avec Zico. Jamais titré avec le Brésil, il est de la génération maudite de 1982 et 1986. Et pourtant, quel joueur! Un latéral gauche atypique, barbu, droitier, dribbleur, passeur, plus meneur de jeu excentré que joueur de couloir. Très complet, il joua milieu de terrain au Torino et au Mundial 86 au Mexique. Sa carrière dura dix-neuf ans, et il l’étira encore jusqu’à 47 ans sur les terrains de sable de beach-soccer, où son rapport unique technique-puissance lui permit pareillement de survoler les débats.

Cafú

Recordman des sélections au Brésil (142), trois fois consécutivement finaliste de la Coupe du monde (1994, 1998, 2002). Latéral infatigable, plus centreur que buteur, il révolutionna lui aussi le poste par son activité incessante dans le couloir droit, qui lui valut en Italie le surnom de Pendolino. Ce n’est pas qu’il était offensif, c’est qu’il montait tout le temps et revenait chaque fois. Double vainqueur de la Coupe intercontinentale avec le São Paulo FC, champion d’Italie avec la Roma, vainqueur de la Ligue des champions avec l’AC Milan. Un monument.

Roberto Carlos

Grosses cuisses, gros cœur, grosse frappe. Son coup-franc zigzaguant dans la défense française à Lyon en 1997 a fait sa légende et rendu perplexe les scientifiques. Sa manière de frapper était inspirée de Branco, son modèle, dont il fut longtemps le remplaçant en sélection. Trop offensif pour Roy Hodgson à l’Inter Milan, il signe au Real Madrid où il restera onze ans, marquant des buts spectaculaires (68 au total) et gagnant le cœur des supporters. Finaliste de la Coupe du monde en 1998, il est champion du monde quatre ans plus tard.

(L.Fe)

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