La visite de la commission d'évaluation du CIO chargée d'examiner la candidature d'Osaka aux JO de 2008 n'a pas suscité au Japon la même ferveur qu'à Pékin. Les délégués du Comité international olympique, qui se sont déclarés «impressionnés» par les infrastructures déjà construites, ont donné lieu à beaucoup moins de commentaires. La population japonaise dans son ensemble suit avec une relative indifférence les efforts de la deuxième ville de l'Archipel pour ravir les JO de 2008. Osaka la mal-aimée, cité marchande et industrielle habituée à vivre dans l'ombre de Tokyo la politique et de Kyoto l'historique, a du mal à mobiliser au-delà du Kansai, la région dont elle est le poumon.

L'élément le plus positif de la visite des délégués du CIO a été leur inspection des deux îles artificielles où la municipalité se propose d'organiser les Jeux: Maishima et Yumeshima. Arrivés de Pékin où de nombreux quartiers sont en chantier, les délégués ont salué la qualité des infrastructures sportives et de transport. Les autorités d'Osaka ont mis l'accent sur la construction prévue d'une deuxième piste d'atterrissage à l'aéroport international du Kansai pour bien démontrer leur volonté d'accueillir au Japon le maximum de spectateurs étrangers.

Les efforts du comité de candidature nippon pour présenter ces futurs jeux comme pro-environnement ont en revanche été moins convaincants. Officiellement, le chef de la délégation, Hein Verbruggen, a acquiescé. Mais il semble que l'environnement très industriel de la zone les ait un peu rendus perplexes. Si les JO sont organisés en 2008 à Osaka, une bonne partie des compétitions se déroulera sur l'île de M'écima, au cœur de l'une des baies les plus fréquentées du monde par les cargos et les tankers pétroliers.

La passivité des Japonais envers la candidature d'Osaka a, enfin, plané sur la visite de ces experts. En comparaison, la motivation chinoise paraît beaucoup plus forte. Il faut dire toutefois que les experts du CIO n'ont pas atterri au meilleur moment: le Japon a vu cette semaine son marché boursier s'effondrer à nouveau. Et son premier ministre Yoshiro Mori, attaqué de toutes parts, devrait démissionner dans les jours prochains…