Travers de sport (1/8)

Ouf, les gardiennes sont nulles

Heureusement pour les misogynes, le niveau des derniers remparts à la Coupe du monde féminine leur permet de conserver leur précieux sentiment de supériorité

Chaque mardi de l’été, notre chroniqueur court, saute, nage et pédale. Il partage l’exercice musculaire dans «Le Temps».

On n’a jamais autant parlé, en bien, de foot féminin. Aucun doute, après la Coupe du monde qui s’achèvera ce dimanche, les filles balle au pied ne seront plus jamais regardées de la même manière.

Elles le méritent! Le niveau technique est bon, la vitesse d’exécution aussi. Le jeu est fluide, physique mais pas agressif, les tactiques sont bien rodées. Et pour compléter cette recette du succès, il y a, comme chez les hommes, des stars, des gueules et des figures incontournables.

Pour faire court, le foot féminin s’est enfin fait sa place. Mon estimé collègue Laurent Favre, de la rubrique sportive, l’écrivait il y a quelques jours: arrêtons de comparer au foot masculin.

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Je suis d’accord avec lui. Mais la partie n’est pas gagnée. Même parmi les hommes les plus convaincus par le jeu des Françaises, des Américaines ou des Néerlandaises, on sent encore de la condescendance. La raison de ce reste de dédain? Le niveau médiocre des gardiennes. Oui, chaque discussion enthousiaste sur cette Coupe du monde peut se terminer par cette remarque. Bonne nouvelle pour les mecs, les vrais. Cela leur permet de conserver ce précieux sentiment de supériorité.

Mais que ceux qui n’auraient pas encore exploité cette faiblesse se rassurent. Il leur reste les bonnes vieilles considérations misogynes. «Heureusement qu’elle est bonne, celle-ci, parce que sinon…» Cette phrase, je l’ai entendue au bord d’un terrain de village, ce week-end. Et ce n’était pas du second degré. Je n’ai pas su répondre. Trois jours plus tard, la bonne réplique ne m’est toujours pas venue. J’ai d’ores et déjà éliminé la possibilité d’expliquer à ce père de deux enfants (footeux) qu’il a tout gâché.

Il n’y a de toute façon plus grand monde pour entendre ces élucubrations d’un autre siècle. Un siècle où les parents n’avaient pas compris que même si leur fils a la même coupe de cheveux que Cristiano Ronaldo, il n’aura jamais son talent. Une époque où les footeuses étaient moins douées que ces footeux devenus experts des terrains de campagne.

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