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Belinda Bencic,  Timea Bacsinszky, Viktorija Golubic et Martina Hingis célèbrent leur victoire.
© Salvatore di Nolfi / Keystone

Fed Cup

A Palexpo, le tennis suisse continue de frustrer la France

Timea Bacsinszky et Belinda Bencic remportent les deux simples du dimanche et qualifient la Suisse pour les demi-finales. Elles joueront en avril en Biélorussie

La dernière fois que l’équipe de Suisse féminine de tennis avait joué à Palexpo, une finale de Fed Cup Suisse-Espagne en 1998, Martina Hingis était omniprésente et Timea Bacsinszky pleurait et mangeait des croque-monsieur devant sa télé avec sa soeur. Ce week-end, les filles de la Fed Cup ont rejoué à Palexpo; Timea Bacsinszky fut omniprésente et Martina Hingis s’est contentée de jouer un double aux allures de match exhibition.

Ses coéquipières ont assuré la victoire au terme du quatrième simple, remporté par Belinda Bencic aux dépens de Pauline Parmentier (6-3 6-4). La Suisse n’a pas gagné la Fed Cup – ce n’était qu’un premier tour – mais elle peut rêver d’aller plus loin. Elle ira au moins jusqu’à Minsk au mois d’avril pour la demi-finale. Sans sa meilleure joueuse, l’ancienne numéro 1 mondiale Victoria Azarenka, en congé maternité, la Biélorussie ne compte aucune joueuse classée dans le top 100 mondial.

La chance côté suisse

Le score contre la France (3 victoires à 1) ne dit pas l’âpreté du combat auquel se sont livrées les deux équipes. Cela s’est joué à pas grand-chose et, malgré le retour aux affaires du capitaine Yannick Noah, le sorcier semble avoir perdu son fluide. Durant deux jours à Palexpo, tous les petits faits de jeu ont tourné en faveur du camp suisse. Ainsi le point du break à 4-4 dans la seconde manche du match décisif: la balle heurte la bande, et retombe juste derrière le filet (côté français), comme dans Match Point de Woody Allen.

Plus discret que son homologue français (qui tenta en vain de miner le terrain par quelques déclarations provocantes), Heinz Günthardt a gagné son pari en maintenant sa confiance à Belinda Bencic pour le dernier simple. Surclassée la veille par Kristina Mladenovic, l’autre Saint-Galloise de l’équipe a dominé puis contrôlé (6-3 6-4) une Pauline Parmentier que Yannick Noah avait lui préféré à Alizée Cornet.

Bacsinskzy le kangourou

Avant cela, Timea Bacsinszky avait parfaitement tenu son rang de numéro 1 en remportant ses deux simples. Il faudrait plutôt parler de batailles, car rien n’y fut simple. Un long combat samedi contre Alizée Cornet (7-5 6-4 en 2h12), marqué par plusieurs rebondissements, une piqûre de guêpe en plein mois de février («nous en avions déjà aperçu durant la semaine à l’entraînement», dira Bacsinszky), un début de contracture et deux temps morts médicaux qui firent grincer des dents côté tricolore. Un match de haut niveau surtout, «l’un des meilleurs que j’ai vus cette saison», selon Heinz Günthardt, qui en a pourtant vu beaucoup à l’Open d’Australie pour la DRS.

Celui qui ouvrit la journée de dimanche fut encore plus beau. Face à Kristina Mladenovic, la Vaudoise démontra à la fois la pureté de son revers et sa force de caractère. Elle s’impose 7-6 4-6 7-5 au terme de 3h17 de jeu. «Un très beau match, des deux côtés, concédait la Française. L’équipe de France n’a pas été en réussite: je gagne plus de points mais Timea a gagné ou sauvé les points importants.»

«J’ai eu autant peur que mal»

La rencontre a peut-être basculé dans la troisième manche à 3-2 30-30. Prise à contre-pied, Timea Bascinszky se tordit le genou puis de douleur. Nouveau temps mort médical et, côté suisse, la crainte de revivre un épilogue digne de celui de Lara Gut la veille à Saint-Moritz. Mais la Suissesse repartit au combat – en sautillant – et gagna huit des neuf points suivants. «En deux jours, il y a eu l’attaque de la guêpe, le temps mort médical à 5-4 samedi, et ce nouvel incident aujourd’hui, énuméra Kristina Mladenovic. Certes, elle tombe mais après elle revient en faisant des sauts de kangourou. On a toutes des bobos, le règlement lui permet de faire ça mais ce ne sont pas mes valeurs.»

Bacsinszky, qui s’était présentée quelques minutes plus tôt en conférence de presse, s’était justifiée par avance. «Je me suis déchirée 75% d’un ligament du même genou sur ce même genre de mouvement en 2015 au Luxembourg. J’ai eu autant peur que mal. Je suis désolée si cela arrive au mauvais moment pour elle mais je n’ai pas cherché à profiter de la situation.»

Au-delà des polémiques, Timea Bacsinszky a cette fois parfaitement géré le fait de jouer devant son public. L’an dernier, elle s’était effondrée en demi-finale face à la République tchèque à Lucerne. «Cette expérience m’a beaucoup servi, dit-elle. A Lucerne, je m’étais mis trop de pression sur les épaules, comme si je devais sauver moi l’équipe. Et c’est Viktorija Golubic qui nous avait donné deux points. Ce week-end, j’étais beaucoup plus détendue parce que je savais qu’il y avait une véritable équipe derrière moi. Du coup, j’ai profité de l’ambiance et du privilège de pouvoir disputer ce genre de matchs.»

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