De l’étrier à la boussole, en passant par le train couchettes, on a oublié que les grandes conquêtes (de Rome, du Nouveau Monde ou des loisirs) ont été rendues possibles par des innovations techniques. Les complications nouvelles (pour raisons sanitaires) à prendre l’avion rappellent ce que le tennis moderne et ses records doivent au développement des vols long-courrier et au confort des classes affaires.

Les restrictions imposées par la pandémie de Covid-19 compliquent le très long voyage vers Melbourne et renvoient à l’époque où les joueurs y réfléchissaient à deux fois avant de disputer l’Open d’Australie. Björn Borg n’y joua qu’une fois, Jimmy Connors deux, Ivan Lendl sur le tard et John McEnroe seulement en fin de carrière. Roger Federer, lui, fut de toutes les éditions depuis 2000. Il a renoncé pour la première fois, parce qu’il s’est insuffisamment remis de sa double opération au genou pour que cela vaille la peine de laisser femme et enfants durant cinq semaines pour aller s’enfermer dans une chambre d’hôtel.