Swiss Olympic équipera chaque athlète de vestes réfrigérantes, de boissons spéciales et, dès ce printemps, d'un livre savant, recueil de recommandations top secret. «La compétition sera aussi médicale», s'est quasiment réjoui le Dr Villiger. Elle aura même un nom: «passion.power.performance». Voilà au moins qui ne manque pas d'air.

Les athlètes asthmatiques - environ 40% de la délégation suisse - seront particulièrement suivis. Tel est le cas de Viktor Röthlin et de Magali di Marco-Messmer: «Je souffre d'asthme à l'effort, explique la Vaudoise. Puisque ce mal est avéré, je serai soignée et «couverte». A l'inverse, ceux qui, avec un peu moins d'asthme, n'obtiendront pas une dérogation thérapeutique, ne pourront pas utiliser des médicaments efficaces.»

Pour retarder l'inéluctable asphyxie, les Suisses logeront loin du centre névralgique, jusqu'au Japon et en Corée du Sud. Ils n'intégreront le village olympique qu'à trois jours des compétitions. «Je serai installée à 50 km de Pékin, rapporte Magali di Marco-Messmer. Je ne le regrette pas: au village, les athlètes qui ont déjà concouru font beaucoup la fête.»

Même pragmatisme chez Viktor Röthlin, dont le QG sera délocalisé dans une province reculée: «Je cours beaucoup et, aussi, longtemps. Il est préférable que ce soit en forêt qu'au centre-ville. Et puis, dans la mesure où le marathon est la dernière épreuve des Jeux, je suis content d'éviter le bordel (ndlr: en français dans le texte) du village olympique.»

Seuls les néophytes avouent quelque ambivalence affective: à une villégiature rassurante, Céline Baillod et Aurélien Clerc semblent préférer une immersion enivrante, «ressentir la magie des Jeux», «croiser des sportifs que l'on voit uniquement à la télévision». A chacun sa bouffée d'air frais.