Jusqu’ici, tout va bien. L’équipe de Suisse de hockey est en quart de finale des Mondiaux. Rien que de très habituel, les quarts, c’est sa place naturelle. Une sorte de valeur-étalon, à peu près comme les huitièmes pour sa grande soeur du football. Aller plus loin, passer le cut du match à élimination directe, voilà qui classera le millésime 2017 parmi les grands crus ou dans les cuvées ordinaires. L’affaire se jouera jeudi à Paris contre la Suède, et ça ne sera pas facile.

Au terme du tour qualificatif, les nombreux supporters suisses qui donnent un peu d’âme à la salle de Bercy ont toutefois des raisons d’y croire. En battant sans discussion possible la République tchèque 3-1 (1-0, 1-1, 1-0), l’équipe de Suisse a bouclé sa poule avec 15 points et la deuxième place derrière le Canada. Elle n’a perdu aucun match dans le temps réglementaire et a battu les deux ténors auxquels elle a été confrontée (Canada, République tchèque).

Le match inaugural contre la modeste Slovénie laissait augurer le pire (de 4-0 à 4-4, avant de finalement s’imposer aux tirs au but); le meilleur est survenu, en grande partie grâce à la victoire samedi 13 mai sur le Canada. Depuis ce succès fondateur, les Suisses ont pris confiance. «On devient malin, on devient intelligent», relève avec une certaine jubilation Jean-Jacques Aeschlimann, le consultant de la RTS.

Le sans-faute de Genoni

Cette transformation est à mettre au crédit de l’entraîneur Patrick Fischer. Malgré l’absence des vedettes de NHL, malgré une entame de tournoi catastrophique, le Zougois a su créer un esprit dans son vestiaire. Sa réussite dans le coaching l’y a pas mal aidé. Le remplacement dans la cage de Jonas Hiller par Leonardo Genoni a provoqué le déclic espéré. Contre les Tchèques, de nombreux joueurs majeurs étaient au repos (Genoni, Untersander, Hollenstein et Almond) mais la dynamique du groupe n’en a pas souffert. Mieux, Niklas Schegel a réalisé un match très propre dans la cage. Entre l’ouverture du score de Vincent Praplan (2e) et le 2-0 signé Reto Suri (29e), les Tchèques ont raté plusieurs occasions d’égaliser. Leur gardien, Petr Mrazek, n’a pas été éblouissant sur le premier tir (rebond) et franchement coupable sur le second (à travers la mitaine).

La République tchèque réduisait le score en fin de deuxième tiers-temps par le Fribourgeois Roman Cervenka (35e 2-1), et augmentait sa pression dans le dernier tiers. Un troisième but signé Damien Brunner (53e) assurait toutefois une fin de match tranquille à l’équipe de Suisse.