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La Hopman Cup à Perth (Australie).

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Les paris truqués reviennent hanter le monde du tennis

Le vainqueur de l’Open d’Australie junior 2016 a été arrêté par la police, alors qu’un panel d’experts indépendants s’apprête à rendre public le rapport intermédiaire d’un an d’enquête

Oubliez Roger Federer jouant du bongo à Perth ou Novak Djokovic faisant des selfies à Doha; le monde du tennis a perdu le sourire. Jeudi, le quotidien de Melbourne The Age a affirmé que le récent vainqueur de l’Open d’Australie junior Oliver Anderson a été arrêté par la police de Victoria. Le jeune Australien (18 ans) est accusé d’avoir truqué en octobre dernier un match du premier tour du tournoi Challenger de Traralgon, en perdant volontairement le premier set (4-6) avant de facilement renverser le score (6-0 6-2). Selon The Age, Oliver Anderson aurait accepté de coopérer en attendant son jugement.

Cette affaire nous replonge brutalement un an en arrière, presque jour pour jour. Le 17 janvier 2016, le site américain Buzzfeed et le Times anglais prétendaient dévoiler un vaste réseau de matchs truqués impliquant 16 joueurs du top 50 mondial, dont des vainqueurs en Grand Chelem et 8 joueurs présents à l’Open d’Australie. L’affaire avait fait grand bruit, Roger Federer était monté au filet («Qui? Quoi? J’aimerais entendre des noms. Au moins ce serait concret et on pourrait en débattre.») et cela s’était à peu près arrêté là. En surface du moins.

Un avocat genevois au cœur de l’enquête

Car le problème des paris truqués, identifié depuis longtemps, est d’une importance vitale pour la crédibilité du tennis. Ses parties prenantes (l’ITF, la fédération internationale, l’ATP et la WTA, les tournois du Grand Chelem) se réunirent donc et ce petit monde très disparate s’accorda très vite sur l’idée qu’il fallait agir rapidement. Le Tennis Integrity Unit (TIU), un organisme créé en 2008 pour lutter contre la corruption, fut chargé de lancer une vaste enquête. Il en confia le mandat à un Comité d’examen indépendant (en anglais Independent Review Panel, IRP), composé de trois juristes sans lien avec le tennis: l’Anglais Adam Lewis, l’Américaine Beth Wilkinson et le Genevois Marc Henzelin, un associé de Lalive reconnu mondialement comme un expert de l’enquête interne.

Enorme pression sur les joueurs

La semaine prochaine, juste avant ou au début de l’Open d’Australie, ces trois experts vont publier un rapport intermédiaire, fruit de près d’un an de travail aux quatre coins du monde. Pendant des mois, ils se sont rendus sur les tournois, souvent lors des premiers tours, lorsque jouent les moins performants, donc les plus soumis à la tentation. Ils ont réalisé des dizaines d’interviews et interrogé toutes les parties prenantes pour tenter de comprendre et élaborer des directives susceptibles de réduire les risques de corruption.

Ce rapport intermédiaire sera diffusé, lu, commenté, critiqué, annoté, et servira de base à la rédaction du rapport final, prévu pour le courant de l’été. Comme ils s’y sont engagés, les divers organismes régissant le tennis devront alors s’y conformer. A vérifier le moment venu mais il apparaît déjà que le problème est réel, que son potentiel de nuisance est très important et que la pression constatée sur les épaules des joueurs concernés est énorme.


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