L’engin a violemment percuté les spectateurs, la victime est décédée samedi après-midi à l’hôpital de Cordoba. «Elle souffrait de graves traumatismes crâniens, mais aussi à l’abdomen et au pelvis. Elle a subi deux arrêts cardiaques lors du transfert. Malgré les soins prodigués à son arrivée à l’hôpital, elle est décédée peu après», avait annoncé Norberto Brusa, médecin aux urgences de l’hôpital de Cordoba.

Deux autres blessés ont été transférés en même temps en hélicoptère depuis la province de Rio Cuarto, à 800 km de Buenos Aires. Le premier, «un jeune de 24 ans, présente des fractures graves du tibia et du péroné et son pronostic est réservé», a déclaré le Dr Brusa à la télévision TN.

Le second, un enfant de 9 ans, a été transféré dans un hôpital pour enfants et se trouve «dans un état stable», a-t-il ajouté. Deux autres personnes ont subi des «blessures mineures» dans l’accident, selon le médecin.

L’accident s’est produit au km 75 de la spéciale du jour, en dehors d’une des six «zones public» aménagées samedi pour que le public vienne voir passer les concurrents en toute sécurité.

«Trois concurrents sont arrivés dans un virage. Deux d’entre eux ont essayé de le négocier. Mais le nuage de poussière (dû à leur passage, NDLR) a empêché le protagoniste (de l’accident) de bien voir. Et il est sorti trop large», a raconté Julio Cesar Berrocal, responsable du dispositif police dans la province de Cordoba.

«Secteur non autorisé»

L’équipage germano-suisse du 4X4 numéro 418, Mirco Schultis et Ulrich Leardi, a alors heurté un groupe de spectateurs «installé dans un secteur non autorisé, dans un champ privé», que «du personnel de police essayait de faire sortir», a ajouté M. Berrocal.

Le pilote est «actuellement entendu. Il n’a pas été mis en accusation. Dans peu de temps, nous aurons les éclaircissements de la police judiciaire», a annoncé Julio Cesar Berrocal.

Quelque 1600 personnels des forces de l’ordre étaient mobilisés sur la spéciale du jour, alors que «plusieurs milliers de spots» préventifs ont été diffusés «depuis plusieurs semaines», a indiqué Etienne Lavigne, le directeur du Dakar, mentionnant un «dispositif sans précédent».

«Il y a des courses dans tous les pays du monde qui se déroulent bien. Malheureusement, la fatalité est là et c’est un triste accident. On ne peut que le regretter», a-t-il estimé, rappelant que les pistes empruntées samedi accueillaient le rallye d’Argentine, où aucun drame n’a été recensé ces dernières années.

L’accident tombe mal pour ASO (Amaury Sport organisation, le propriétaire du rallye-raid), vivement critiquée après le décès d’un concurrent en 2009, et qui devait faire du Dakar-2010 celui de son rachat en terme de sécurité.

L’an dernier, lors de la première édition latino-américaine de ce rallye, trois personnes avaient perdu la vie: un motard concurrent, Pascal Terry, 49 ans, retrouvé mort trois jours après sa disparition lors de la 2e étape du rallye en Argentine, et deux personnes lors d’un accident de la circulation impliquant un camion de soutien logistique au Chili.