L'Euro 2008, ou plus précisément le risque de non-réalisation du nouveau stade de Zurich pour cause de recours de la part de l'Association transports et environnement (ATE), soulève quelques vagues au Palais fédéral. Le Bureau du Conseil national a décidé vendredi de préparer un projet de déclaration, dans lequel il soulignerait l'importance de l'Euro 2008 pour la Suisse. La teneur précise du texte sera mise au point en début de semaine prochaine. La déclaration sera ensuite soumise au Conseil national, en principe jeudi.

Cette initiative du bureau, dont le chef du groupe parlementaire PDC, Jean-Michel Cina, est à l'origine, traduit en partie un ras-le-bol à l'encontre de «l'affaire» du stade de Zurich et d'une certaine crainte des retombées négatives qu'elle pourrait avoir pour l'image de la Suisse au niveau international. Elle doit donc être vue comme une pression «douce» sur les parties concernées pour trouver enfin un accord définitif.

Une certaine fébrilité est perceptible jusque dans les rangs de la gauche, et même des écologistes. La représentante des Verts au Bureau, la Lucernoise Cecile Bühlmann ne s'est ainsi pas opposée vendredi à l'élaboration d'un projet de déclaration. Manifestement énervée, l'intéressée n'a toutefois pas souhaité s'en expliquer.

Le projet de déclaration traduit aussi des desseins plus politiques. Son élaboration vise aussi à justifier le renoncement à la tenue d'un débat urgent plus vaste, que demandaient les radicaux et l'UDC, et qui aurait été centré sur l'opportunité de remettre en cause les droits de recours dans le domaine immobilier, ou du moins de les limiter sensiblement.

«Des balles dans le pied»

Du côté de l'Union européenne de foot (UEFA), on reste optimiste: «Nous sommes convaincus que le stade de Zurich serait construit d'ici à 2008, explique William Gaillard, directeur de la communication de l'UEFA. Quand on voit l'état des constructions à Athènes, il n'y a pas de raison de s'inquiéter. Sept stades sur huit sont aujourd'hui presque prêts, nous n'avons aucune raison de paniquer.» Réfléchit-on toutefois à Nyon, siège de l'institution faîtière, à un éventuel plan B? «Nous n'avons pas envisagé de solution de rechange, précise-t-il. Je le répète, nous ne sommes pas alarmistes.» Réagissant à l'attitude des Zurichois, William Gaillard se dit inquiet pour la ville. «Les Zurichois sont bons à se tirer des balles dans le pied. On le voit avec Unique, leur aéroport, dont le trafic est en déclin. Je n'ose pas penser qu'ils vont à nouveau rater le coche avec le stade. Ils sont très forts pour accumuler les erreurs. Ça devient presque une caricature, analyse-t-il. Quand on connaît l'importance du FC Zurich et des Grasshoppers pour le football suisse, on ne peut pas imaginer cette ville sans infrastructures sportives. Les Zurichois ne comprennent pas que l'Euro est une opportunité fantastique, une vitrine sur le monde. Ce stade pourrait être le début de la renaissance de la ville.»