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Parties sans laisser d'adresse

Maladroites, Schnyder et Hingis s'en vont.

Sourire goguenard, Patty Schnyder a expliqué que la vie, décidément, est parfois invivable. Coquin de sport qui, en un après-midi, vous fait languir aux vestiaires («Le match précédent a duré quatre heures, comment savoir si vous devez manger ou pas?»), vous envoie un vent fourbe mêlé d'odeurs de saucisses («Comment rester concentré?») et vous inflige une adversaire éclopée: «Quand Paszek a appelé le soigneur, j'ai su que c'était du cirque. Comment voulez-vous rester calme?» A compter de cette intrusion machiavélique, Patty Schnyder a perdu le fil, la bobine, et les sept jeux suivants. Pas de chance (4-6 6-4 7-6).

Sourire sclérosé, Martina Hingis a expliqué que la vie, parfois, est ainsi. Blessée depuis des semaines, la princesse n'a pu s'opposer à Victoria Azarenka, néophyte au profil contemporain: la Biélorusse glapit comme un cochon que l'on égorge, frappe fort et développe une logique de combat. «Il n'y a pas de miracle, gazouille Martina Hingis. Je ne vis pas une période facile mais, tant que j'éprouve du plaisir, je continue. Et puis, j'ai très envie de disputer les Jeux olympiques. Je ne connais pas la Chine.» Hingis n'a plus battu une joueuse du top 30 depuis février dernier.

Le sale moment de Federer

Sourire en coin, Roger Federer a expliqué aux journalistes que, quand un lycéen de 2,05 m débarque avec le surnom de «Grosse Bertha», et que ses salves atteignent une vitesse moyenne de 235 km/h, il n'est plus tellement question, en certaines circonstances, d'inanité, mais d'impuissance. «Je savais que je passerais un sale moment, que la foule transcenderait John Isner et crierait sur chaque ace. Au premier set, ce gars était tout simplement injouable. Mais je savais aussi que l'état de grâce ne durerait pas éternellement. Alors, j'ai patienté.»

Serein, égal, Roger Federer a rapidement imposé son homogénéité (6-7 6-2 6-4 6-2), et n'a pas commis la moindre faute directe pendant plus de cent points d'affilée. Les New-Yorkais, moins sensibles à la maîtrise qu'au panache, semblent toujours le considérer avec un certain détachement, mais «the swiss genius» ne désespère pas de les émouvoir enfin, fût-ce à l'usure. Ce lundi, il affronte un autre serveur impétueux, Feliciano Lopez, à peine moins brutal, à peine plus dangereux que le précédent. La vie continue.

• Retrouvez le résultat du match Wawrinka-Ginepri sur le site http://www.letemps.ch