Patrick Dempsey éclipse Porsche

Automobilisme La F1 manque d’intérêt, l’Endurance de vedettes

«Patrick Dempsey, la star de Grey’s Anatomy au départ des 6 Heures du Nürburgring.» Le Bild a d’emblée mis les pieds dans le plat samedi, lors de sa présentation, tirée à deux millions d’exemplaires, de la 4e manche du Championnat du monde d’endurance. L’acteur américain est le seul pilote à avoir eu droit à un article.

Ce gros plan sur Patrick Dempsey s’explique par le fait que, mis à part l’Australien Mark Webber, vainqueur de 9 GP de Formule 1, le Championnat du monde d’endurance manque cruellement de pilotes connus du grand public, alors que le GP d’Allemagne de F1 n’a pas eu lieu cette année pour la première fois depuis 1960.

Cela ne semble pas déranger les constructeurs Audi, Porsche et Toyota qui trouvent dans ce championnat un excellent terrain d’essai pour développer leurs prototypes hybrides et tirer ainsi de précieux enseignements pour leurs voitures de série. Le fait que leurs pilotes soient moins connus qu’Hamilton ou Vettel fait par ailleurs davantage rejaillir le mérite de la marque en cas de victoire. En l’occurrence celle de Porsche qui, après un premier doublé aux 24 Heures du Mans en juin, a confirmé sa suprématie dimanche en plaçant ses deux 919 devant les deux Audi R18.

Comme Siffert et McQueen

Cela dit, Porsche voit d’un bon œil la médiatisation de Patrick Dempsey car il court avec une 911, dans la catégorie réservée aux amateurs où il a terminé 4e dimanche. Une star d’Hollywood au volant d’une voiture de Stuttgart ravive par ailleurs le souvenir de Steve McQueen. Avant de tourner son film Le Mans, l’acteur américain avait terminé 2e aux 12 Heures de Sebring de 1970 avec une Porsche 908. Interrogé au Nürburgring sur cet «héritage» hollywoodien, Patrick Dempsey nous a confié qu’il en était très fier: «Steve McQueen est un bel exemple à suivre, car il a su concilier le cinéma avec sa passion pour la course. Jusqu’à la semaine passée, où j’ai pu visiter la manufacture TAG Heuer à La Chaux-de-Fonds, j’ignorais en revanche l’importance de l’influence que Jo Siffert avait eue sur Steve McQueen. C’est M. Jack Heuer, que j’ai eu beaucoup de plaisir à rencontrer, qui m’a expliqué que Steve McQueen avait voulu ressembler dans le film Le Mans à Jo Siffert dans les moindres détails, jusqu’à porter la même combinaison et la même montre que lui.»

Quarante-cinq ans après cette estime réciproque entre Siffert et McQueen, c’est un sentiment similaire qui lie Neel Jani à Patrick Dempsey. Le Biennois, 2e au Nürburgring et auteur du record du tour en course, lui a en effet prodigué plusieurs fois ses conseils, tout comme Siffert l’avait fait en son temps avec le «King of Cool».