1993, la scission de la Tchécoslovaquie est consommée. L’événement a des répercussions politiques, mais aussi sportives. En hockey, la République tchèque est maintenue au sein de l’élite mondiale, tandis que la Slovaquie est déclassée dans le groupe C. «Personne n’a oublié cet épisode, et la nouvelle escalade forcée vers les meilleures nations», relève Richard Lintner, ancien défenseur international et consultant pour la télévision slovaque.

Si le quart de finale remporté cette année contre le Canada a enthousiasmé la nation, on comprend bien que le tour suivant contre la République tchèque attise encore davantage les passions. D’autant que, ces dernières années, la Slovaquie a fait oublier sa médaille d’or de 2002 par des années de vaches maigres, entre querelles de pouvoirs, manque de relève, pression sur les meilleurs joueurs et valses d’entraîneurs.

A la suite des Mondiaux manqués de 2011, le coach canadien Glen Hanlon a été le dernier remercié, lui dont les choix avaient été mis en question. «Mais ça, c’est ordinaire», sourit Lintner. «Chaque décision fait débat. Cette année, l’équipe a perdu tous ses matches préparatoires sauf le dernier, remporté aux penalties contre l’Allemagne. Autant vous dire que les critiques couvaient.» Le succès contre le Canada permettra peut-être à l’entraîneur (tchèque) Vladimir Vujtek de conserver la barre.

Richard Lintner tire un parallèle osé: selon lui, les systèmes actuels de la Slovaquie et de la République tchèque renvoient à celui de la Suisse. Pas l’actuelle, non; celle d’autrefois, de Ralph Krueger, compacte, attentiste, avide de ruptures. Une philosophie toutefois bonifiée par la technique et la vitesse d’exécution inscrites dans les gènes de l’Est. «Cela ne m’enthousiasme pas vraiment», lâche le défenseur. «Je préfère la Suisse d’aujourd’hui. Mais la République tchèque et la Slovaquie ont obtenu des résultats.» Tandis que la Suisse, elle, avait bouclé ses valises au tour préliminaire.