Football

Peine de prison ferme confirmée en appel pour Bulat Chagaev

L’ancien président de Neuchâtel Xamax écope de trois ans de prison, dont la moitié ferme, pour son rôle dans la débâcle du club

Le Tribunal cantonal neuchâtelois a confirmé mardi en appel la condamnation de l'ancien président et propriétaire de Neuchâtel Xamax Bulat Chagaev à trois ans de prison, dont la moitié ferme. L’homme d’affaires tchétchène avait fait appel de sa condamnation en première instance en 2016. Son avocat plaidait l'acquittement ou un allégement de la peine. Mais la Cour pénale a confirmé que l’ex-président du club de football s'est rendu coupable de gestion fautive et déloyale, détournement de l'impôt à la source, tentative d'escroquerie et faux dans les titres. Le tout en seulement huit mois, entre mai 2011 et février 2012.

Même si Neuchâtel Xamax était déjà en état de surendettement quand Bulat Chagaev en reprit les commandes, ce dernier ne pouvait qu'être conscient que sa mauvaise gestion aggravait rapidement la situation au fil des mois, selon les juges. En janvier 2012, la Swiss Football League retirait avec effet immédiat la licence professionnelle au club, contraint de repartir la saison suivante en 2e ligue inter-régionale, au niveau amateur.

Des dépenses inconsidérées

Pour la Cour, les dépenses que l'ex-dirigeant a faites au nom du club étaient bel et bien déraisonnables. Et il n'est pas possible d'affirmer qu'il avait personnellement des ressources financières à l'étranger qui auraient été suffisantes pour les assumer.

Les juges ont aussi retenu que c'est bien Bulat Chagaev qui a établi ou a fait établir la fausse attestation de la Bank of America Attestation pour des actifs de 35 millions de dollars. La Cour a relevé que le prévenu n'a assisté à aucune des audiences en appel, alors qu'il avait demandé et obtenu un sauf-conduit. Il n'a fourni aucune raison expliquant son absence.

«Pas de Noirs sur le terrain»

En fonction de ses impulsions du moment, il a mené «une valse inconsidérée» de licenciements, a provoqué la rupture de contrats de sponsoring lucratifs, et s'est privé de remplaçants compétents pour faire face au désordre administratif et financier qui a suivi.

Un exemple édifiant de la présidence Chagaev a été donné, sans lien avec ce procès, par l’ancien entraîneur de Neuchâtel Xamax Didier Ollé-Nicolle, lundi soir lors de l'émission «Le vestiaire» sur la chaîne SFRSport. Selon Ollé-Nicolle, sa prolongation de contrat pour la saison suivante avait été assortie d'une condition: «Pas de Noirs sur le terrain en finale de Coupe de Suisse». L'entraîneur avait refusé et fut licencié. Son successeur, Bernard Challandes, perdit la finale (0-2 contre le FC Sion) avec quatre joueurs de couleur sur le terrain. A la mi-temps du match, Bulat Chagaev descendit dans le vestiaire et menaça ses joueurs de «tous [les] tuer», avant de prétendre dans L'illustré que la finale avait été achetée. 

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