Bons baisers de Jamaïque

En 1988, l’Américaine Florence Griffith-Joyner profitait des Jeux olympiques de Séoul pour signer un magnifique doublé 100 m – 200 m. En franchissant la ligne d’arrivée, elle ignorait que son exploit ne serait pas réédité avant 28 ans. Elaine Thompson, elle, n’était même pas née. Mais, âgée de 24 ans, la Jamaïcaine est devenue dans la nuit de mercredi à jeudi la véritable star du sprint féminin à Rio de Janeiro. Quatre jours après avoir triomphé sur 100 m, elle s’est adjugé le 200 m en 21''78.

C’est un premier doublé réjouissant pour la Jamaïque, qui ne devrait pas avoir à patienter trop longtemps pour en réaliser un second. Ce vendredi, Usain Bolt disputera la finale du 200 m masculin après avoir déjà triomphé sur la moitié de la distance. Dans la nuit de mercredi à jeudi, en demi-finale, la grande star de ces Jeux olympiques s’est révélée magnanime. Largement en tête de sa demi-finale avec le jeune Canadien Andre De Grasse, Bolt a pris le temps de sourire, d’échanger, tranquille, comme à l’entraînement. «Je disais à Andre: mais pourquoi cours-tu aussi vite, on n’est qu’en demi-finale!», a-t-il raconté.

De son côté, l’Américain Justin Gatlin n’a pas couru assez vite pour se qualifier pour la finale du demi-tour de stade. Un indice de plus pour appuyer une évidence: Usain Bolt s’avance toujours en ballottage favorable vers ce qui constitue le plus grand défi de sa carrière à ce jour, réaliser le triple-triple – soit remporter l’or sur 100 m, 200, et 4x100 m à Rio pour la troisième fois consécutive après Pékin et Londres. Il rejoindrait ainsi dans la légende olympique de l’athlétisme le Finlandais «volant» Paavo Nurmi et le grand Carl Lewis, qui ont tous les deux décroché neuf médailles d’or.


Le Brésil garde espoir

Le très passionné public brésilien a dû avaler quelques couleuvres ces derniers jours, dans ses disciplines préférées. Ses volleyeuses en salle, doubles championnes olympiques en titre, ont été éliminées de la compétition à domicile cette nuit par la Chine. Ses deux paires de beach-volleyeuses ont respectivement été battues en demi puis en finale par les Allemandes Ludwig/Walkenhorst. Et ses footballeuses ont été sorties par la surprenante Suède alors qu’elles faisaient figure de favorite. Mais dans la nuit de mercredi à jeudi, leurs représentants masculins dans les mêmes disciplines ont permis aux Brésiliens de garder espoir quant à quelques titres à la saveur particulière.

Il y a le football, bien sûr. Après un début de tournoi poussif (un nul contre l’Irak notamment), la Seleçao monte en puissance. En demi-finale, elle a proprement corrigé le Honduras (6-0). Décriée depuis le début du mois d’août pour ses performances en demi-teinte, la star Neymar a ouvert la marque après quinze secondes de jeu et terminé la rencontre en s’étant fait l’auteur d’un but supplémentaire et de deux passes décisives. En finale, le Brésil a l’occasion de prendre une revanche sur la plus grande humiliation de son histoire. Elle affrontera l’Allemagne, qui l’avait giflé à domicile 7-1 lors de la Coupe du monde 2014. Le public ne pardonnera pas un nouveau camouflet.

Si le ballon rond est religion, le volleyball est peut-être le sport national au Brésil. Là encore, l’équipe nationale a eu quelques peines à entrer dans son tournoi mais semble désormais lancée. Le Maracanazinho n’a pas boudé son plaisir, dans la nuit, lorsque ses favoris ont battu le grand rival argentin sur le score de 3-1. Les Auriverde affronteront la Russie en demi-finale. Enfin, en beach-volley, Bruno Schmidt et Alison Cerutti avaient validé leur billet pour la finale 24 heures plus tôt. Ils disputeront l’or à la paire italienne Nicolai/Lupo.


Les Suisses de la nuit

Toujours pas de nouvelle médaille à fêter à la Maison suisse, dans la nuit, mais de superbes performances. Celle de Selina Büchel sur 800 m, tout d’abord. Pour son entrée en lice dans la compétition, la Saint-Galloise a remporté sa série avec une aisance retrouvée. Elle disputera les demi-finales avec l’espoir d’aller plus loin, même si la catégorie est extrêmement concurrentielle. Et puis il y a eu le Zurichois David Graf, en BMX. Le pilote a signé le deuxième temps des qualifications, à un cheveu du champion du monde français Joris Daudet. De quoi nourrir tous les rêves.


La nuit de mercredi: Les larmes de Renaud Lavillenie, et celles du Brésil: une nuit aux JO

La nuit de mardi: A Rio, ce ne fut pas la nuit des stars, ni celle des Suisses

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