«Panama Papers»

Perquisition 
au siège de l’UEFA

La police fédérale a saisi un contrat passé en 2006 avec une société de vente de droits sportifs. L’UEFA dit «collaborer» et Gianni Infantino «ne pas être visé»

Les temps ont bien changé dans la gouvernance du sport et si les dirigeants de fédérations n’en sont pas encore conscients, justice et police, notamment suisses, sont résolues à le leur faire comprendre. Un jour seulement après la révélation, par le journal allemand Süddeutsche Zeitung et dans le cadre des Panama Papers, d’un contrat douteux passé en 2006 entre la société Cross Trading et l’UEFA, dont le directeur juridique était à l’époque Gianni Infantino, devenu depuis le 29 février dernier le nouveau président de la FIFA, la police fédérale a perquisitionné mercredi le siège de l’Union européenne de football, à Nyon, pour se faire remettre ces fameux contrats.

Droits télévisés

Selon les Panama Papers, Cross Trading, une société offshore, a acheté pour 111 000 dollars des droits télévisés de la Ligue des champions pour les saisons 2006 à 2009 en Equateur. Elle les a ensuite revendus à la télévision équatorienne Teleamazonas pour 200 000 dollars de plus. «Il existe un soupçon de gestion déloyale et éventuellement d’abus de confiance», estime le procureur général de la Confédération dans un communiqué. La société Cross Trading appartient aux Argentins Hugo et Mariano Jinkis, inculpés aux Etats-Unis pour avoir versé des pots-de-vin autour de la vente de droits sportifs.

Immédiatement, on repense à la descente de police à l’hôtel Baur au lac de Zurich en mai 2015. Nous n’en sommes pas encore là. «La procédure n’est actuellement pas instruite contre une personne déterminée», précise le communiqué. «Rien n’indique qu’un méfait a été commis par l’UEFA ou par moi-même», insiste Gianni Infantino.

En l’état, les «Panama Papers» ont déjà fait une victime. L’avocat uruguayen Juan Pedro Damiani, convaincu d’avoir créé et géré des sociétés offshore pour les Jinkis et pour un ex-vice-président de la FIFA, Eugenio Figueredo, a démissionné mercredi de ses fonctions à la FIFA. Il y était membre de la commission d’éthique.

Dossier
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