Les organisateurs des 71es Courses internationales masculines du Lauberhorn, à Wengen, ont joué de malchance ce week-end. Après s'être vus contraints d'annuler la descente de vendredi en raison d'un brouillard persistant, ils ont dû faire de même samedi après avoir reporté comme la veille le départ de demi-heure en demi-heure. «C'est rageant, considère après-coup Viktor Gertsch, président du comité d'organisation. Ce satané brouillard n'est présent que sur le bas du tracé, depuis la Tête de Chien. En haut règne un soleil radieux.» D'autant plus rageant que 18 000 spectateurs avaient fait le déplacement de Wengen samedi. Une affluence remarquable.

La dernière annulation de la descente du Lauberhorn remonte à 1996. Cette année-là, la neige était absente et les canons n'avaient pas encore fait leur apparition. «Il est très pénible pour nous de devoir jeter ainsi l'éponge, poursuit Viktor Gertsch. D'abord parce que nous consacrons toute l'année à préparer cette épreuve (ndlr: deux secrétaires y travaillent à plein-temps). Ensuite, parce que nous y engageons des moyens humains (686 volontaires dont 320 militaires et membres de la protection civile) et techniques (10 km de clôtures de protection, 5 km de barrières, 800 m de filets de sécurité, etc.) énormes. Enfin, parce que cette double annulation se soldera inévitablement par une perte financière.»

Viktor Gertsch s'avoue encore incapable d'évaluer cette dernière. «Il faudra attendre environ trois semaines pour être fixé, dit-il. Nous devons discuter avec nos assureurs auprès desquels nous avons souscrit une assurance pour cette course. La prime – qui se monte à 190 000 francs – représente le 10 à 12% de la somme assurée. Reste qu'il y aura de toute façon des dégâts financiers pour nous. Il nous faudra rembourser notamment les gens qui avaient acheté des billets VIP (ndlr: les autres spectateurs ne seront pas dédommagés car ils achètent un forfait qui comprend le train, un abonnement de ski pour la journée et l'entrée à la course).»

Si les pertes de samedi ne peuvent être chiffrées, les choses sont plus claires en revanche pour vendredi. La première descente du Lauberhorn remplaçait en effet celle qui n'avait pu avoir lieu à Bormio le 29 décembre. Ce ne sont donc pas les organisateurs bernois qui passeront à la caisse, mais les cinq sponsors (Swissair, le Casino de Saxon, Swisscom Mobile, Intersport et Otis) qui avaient investi 250 000 francs dans l'opération. Selon nos sources, leur perte devrait avoisiner les 100 000 francs. Seule bonne nouvelle pour eux: ils n'auront pas à payer les primes de course. Et pour cause.