«Sur les boulodromes, ça sent l’herbe et ça devient pénible.» Christian Aligne, président de la commission médicale de pétanque de la région Auvergne-Rhône-Alpes, ponctue sa phrase par un rire jaune. Début août, lorsqu’il a encadré un festival de quatre jours à Saint-Laurent-en-Royans, dans la Drôme, il a de nouveau été confronté à des joueurs fumant du cannabis en pleine compétition. «C’est un problème qu’il ne faut pas prendre à la légère et qui se propage principalement chez les jeunes», garantit Lucien Anglade, président du comité de Haute-Loire, l’un des premiers à avoir évoqué ce sujet publiquement.

Inscrit sur la liste des produits dopants par l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), le cannabis est strictement interdit lors des tournois de pétanque. Les joueurs qui en prennent le font le plus souvent à l’abri des regards avant le début des parties, espérant que ce produit leur permette de moins ressentir la pression et d’obtenir de meilleurs résultats. «Cela peut effectivement vous enlever du stress, mais c’est surtout un produit addictif et hallucinogène. Je ne crois pas qu’il soit bénéfique pour la pétanque», pondère Jean-Pierre Iannarelli, médecin de la Fédération française de pétanque et jeu provençal (FFPJP) depuis 2005.