Des accélérations aussi rares que le public dans les gradins, des tirs cadrés insipides et des passes latérales pas toujours assurées. Assurément, cette rencontre amicale entre la Grèce et la Suisse ne restera pas dans les mémoires. Les seules situations dangereuses sont nées de coups de pied arrêtés. Ainsi, Bernd Haas ouvrait la marque sur un corner (17e), alors que Georgatoris égalisait (57e) en prolongeant un coup franc. Le match nul satisfaisant les deux équipes, la dernière demi-heure se révélait d'une totale insignifiance. Les téléspectateurs habitués aux soirées de Ligue des champions devaient regretter le spectacle offert habituellement le mercredi soir. Finis les émotions à répétition, les gestes techniques exceptionnels ou les rythmes endiablés.

En vue de son prochain officiel – et qualificatif à l'Euro 2000 – le sélectionneur Gilbert Gress tirait néanmoins des enseignements positifs de ce déplacement: «La rencontre s'est déroulée dans un excellent esprit. La Grèce fut un sparring partner idéal. Dans six semaines contre l'Italie, le contexte sera certes différent, mais ce déplacement à Athènes n'a pas été inutile. Nous avons passé quatre jours ensemble, ce qui fait un mois depuis le début de l'année. C'est pas mal! J'ai particulièrement apprécié la performance de Muller en défense. Il peut jouer à n'importe quel poste avec un égal bonheur…» Il faudra néanmoins réaliser une performance d'une tout autre qualité pour inquiéter l'Italie, leader du groupe 1.

Patrick Muller aura été la satisfaction de Gilbert Gress. Le néo-Grasshoppers a eu le mérite de remplacer très honorablement Stéphane Henchoz au cœur de la défense. Jouant sur le même registre que le mercenaire de Blackburn, sa facilité technique lui a permis d'avoir la maîtrise de la situation. Très précieux dans le jeu aérien, Wolf et Hodel lui ont apporté leur soutien. Dans l'entrejeu, le positionnement très avancé de Sforza a compliqué un peu la tâche de Vogel. Sur les ailes, dans des styles différents, Comisetti et Sesa ont peu mis en difficulté la défense grecque. Comme Sforza, Chapuisat n'a pas donné pas sa pleine mesure.

Les Suisses ont eu le sentiment de jouer un match à huis clos dans ce stade gigantesque où, au coup d'envoi, il n'y avait pas deux mille spectateurs sur les gradins. Ils se sont créé la première occasion de la partie à la 15e minute. Sur un corner botté par Comisetti, Sesa a décoché une reprise tendue qui frappait le filet extérieur de la cage d'Athatsidis. A la 19e minute, sur un autre coup de coin, la Suisse ouvrait la marque. La reprise de la tête de Wolf était repoussée sur la ligne en catastrophe par Kasapis. Haas héritait du ballon et il en faisait le meilleur usage.

Une mauvaise intervention au pied de Brunner, une minute plus tard, provoquait une situation critique, éclaircie par Muller. Très remuant sur le flanc gauche, Georgatos obligeait Brunner à une parade difficile au pied. Alors que les Grecs procédaient à trois changements à la pause, une seule modification était apportée par Gress avec l'introduction de Huber pour Brunner. Le portier bâlois bénéficiait d'une chance certaine à la première alerte: un coup franc dans l'axe, botté par Georgatos, s'écrasait sur le poteau (48e). Mais, à la 57e minute, sur un coup franc concédé par Hodel dans l'axe, Sforza remettait involontairement en jeu Georgatoris, lequel égalisait. Rien à retenir de la fin du match, si ce n'est quelques changements de joueurs…