Tennis

Qui a peur de Stan Wawrinka?

Le Vaudois se qualifie facilement pour les 8es de finale de Wimbledon.En pleine confiance, il sera dur à battre en deuxième semaine

Qui a peur de Stan Wawrinka?

Tennis Le Vaudois se qualifie facilement pour les 8es de finale

En pleine confiance, il sera dur à battre en deuxième semaine

Stan Wawrinka est-il le Guy Roux du tennis? Outre des origines paysannes revendiquées, le héros de Roland-Garros partage avec le légendaire entraîneur de l’AJ Auxerre l’art de faire profil bas, quitte à nier l’évidence pour dissimuler ses ambitions. A Wimbledon, le Vaudois ne cherche qu’à passer le tour suivant de la même manière que le Bourguignon «jouait le maintien» en début de saison.

Il faudrait être aveugle pour ne pas voir en lui un vainqueur potentiel de Wimbledon. En pleine confiance depuis son titre parisien, Wawrinka a surmonté sans problème le handicap d’être arrivé dans le sud-ouest de Londres avec à peine deux matches sur herbe (élimination au deuxième tour au Queen’s) dans les jambes. Depuis le début de la quinzaine, il se promène. Vendredi, sur le court No 1, l’Espagnol Fernando Verdasco n’a pas démérité mais il s’est heurté à un roc. Comme aux tours précédents, Wawrinka n’a pas été époustouflant, ce n’était pas nécessaire. Il a été solide, intraitable au service (14 aces) et a su hausser son niveau de jeu dans les fins de set. Obligé de prendre des risques, Fernando Verdasco a commis 12 doubles fautes.

Lundi, Stan Wawrinka retrouvera le Liégeois David Goffin, la tête de série No 16. Le joueur le mieux classé de l’histoire du tennis belge est également en pleine bourre à Wimbledon: trois victoires en trois sets jusqu’ici. Mais il a perdu en début de saison à Chennai contre Wawrinka (sur dur, 7-5, 6-3). Le Romand dégage une telle impression de solidité qu’on ne le voit pas s’arrêter en si bon chemin. En trois matches, il n’a perdu aucune manche ni même aucune de ses mises en jeu. «Je me sens vraiment très bien, admet-il. Ces trois dernières années, j’ai de mieux en mieux joué sur gazon, j’ai progressé dans mes déplacements.» Mais parlez-lui du doublé, que seuls les plus grands (Laver, Borg, Nadal, Federer) ont réalisé, et le voici qui refait son Guy Roux. «Je ne peux pas me comparer à eux… Je ne pense pas à ça, je me concentre sur mon jeu, mon entraînement et mon prochain match.» Chaque fois que Wawrinka a battu Goffin (deux fois), il a remporté le tournoi.

Bien sûr, Wawrinka n’est pas le seul à impressionner en cette première semaine. Novak Djokovic, à qui l’on promettait un parcours difficile, a écarté hier le grand espoir australien Bernard Tomic 6-3 6-3 6-3, sans plus de difficulté qu’il en avait eu précédemment à régler le compte de l’Allemand Philipp Kohlschreiber puis du Finlandais Jarkko Nieminen. Le numéro 1 mondial semble avoir digéré sa désillusion parisienne.

Avec le «Djoker», le haut du tableau (où se situe Wawrinka) propose également Nick Kyrgios. L’Australie a toujours un espoir de réserve dans sa poche. Kyrgios, qui avait dégoûté Federer à Madrid, a remporté en quatre sets serrés le bras de fer de serveurs qui l’opposait au Canadien Milos Raonic. Le jeune Australien sera opposé lundi à Richard Gasquet, encore un joueur performant jusqu’ici. Le Languedocien s’est montré bien supérieur au Bulgare Georgi Dimitrov (6-3 6-4 6-4), à qui il semble vouloir léguer sa couronne de plus brillant dilettante du Circuit. Tiendra-t-il enfin sur la durée d’un tournoi du Grand Chelem? Wawrinka, qui pourrait retrouver le vainqueur du match Kyrgios-Gasquet en quart de finale, a déjà répondu deux fois par l’affirmative à cette question.

Le Vaudois est arrivé au moins en quart de finale des quatre derniers tournois du Grand Chelem. Avec à chaque fois le même schéma: monter tranquillement en régime, prendre ses marques. L’essentiel pour lui, est souvent là, dans ces fondations solides. Guy Roux approuverait. Bien sur ses appuis, au propre comme au figuré, il peut prendre son envol. Et plus il va loin, plus il devient dangereux. A Roland-Garros, nous lui avions demandé comment il expliquait son formidable taux de réussite dans les grandes finales: 2/2 en Grand Chelem, 1/1 en Masters 1000, 1/1 aux JO, 1/1 en Coupe Davis. «Parce que je sais qu’une fois arrivé à un certain stade, disons en quart de finale, je ne vais pas passer au travers.»

«Je sais que, une fois parvenu à un certain stade, je ne vais pas passer au travers de l’événement»

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