«Istanbul y arrivera!» La municipalité avait recouvert la ville de ce slogan pour la venue de la délégation du Comité international olympique (CIO). Arrivés mardi, les 17 délégués devraient repartir ce week-end: une petite semaine dans la mégapole turque – 12 millions d'habitants – pour en apprécier les qualités. La délégation s'envolera ensuite pour Paris, dernière des cinq villes présélectionnées. Le verdict final et la gagnante de ce «concours de beauté» façon CIO seront connus à la mi-juillet.

Car il s'agit bien de séduire… «La troisième fois sera-t-elle la bonne?» se demandait ainsi la presse turque de ce mardi… Istanbul a déjà été deux fois candidate malheureuse à l'accueil des Jeux, et le président du Comité national olympique turc, Sinan Erdem, précisait mardi dernier que la ville serait à nouveau candidate pour 2012 si elle n'était pas retenue en 2008.

Lors des précédentes candidatures, les autorités turques ne s'étaient guère rendu compte que pour le CIO, les simples promesses ne sont pas longtemps prises en compte si elles ne sont pas suivies d'effets. Cette fois, la ville a clairement décidé d'en mettre un coup et de rénover profondément ses infrastructures. Un stade de 80 000 places est en cours de finition tandis qu'un complexe omnisports d'une capacité de 22 000 personnes est également en phase d'achèvement. Certes, la Turquie n'a jamais encore accueilli de manifestations sportives de l'ampleur des Jeux olympiques, mais sa bonne tenue dans certaines compétitions plaide en sa faveur.

A vrai dire, les infrastructures sportives ne devraient pas poser de problèmes majeurs, même si Sinan Erdem lui-même estime qu'il y a encore beaucoup à faire: «Nous sommes prêts à 40», résume-t-il. Plus difficiles à maîtriser en revanche seront les infrastructures urbaines. Si les problèmes de distribution d'eau se sont notablement améliorés depuis quelques années, les coupures demeurent fréquentes et parfois longues, de même que les coupures de courant. Le réseau des transports est lui clairement sous- dimensionné pour une telle ville: les embouteillages sont quasi permanents sur certains axes, y compris la nuit. Le relief tourmenté et l'absence de plan d'urbanisation n'aident pas à la résolution de l'affaire.

Mais les Turcs ont décidé de retourner le handicap à leur avantage: c'est également cet urbanisme un peu chaotique qui donne en effet à la ville son charme incomparable. Ainsi, les épreuves cyclistes devraient se dérouler à l'ombre des six minarets de la mosquée bleue dans le centre historique, où se mêlent églises byzantines et mosquées ottomanes; celles de beach-volley sont prévues dans les jardins du palais de Dolmabahçe, le dernier havre des sultans ottomans, qui offre une vue imprenable sur le Bosphore…

Outre les infrastructures et les symboles, les délégués du CIO devraient également apprécier d'autres qualités de la candidate Istanbul. Le soutien de sa population par exemple. De ce côté-là pas de problèmes apparents: un récent sondage indique que 90% des Stambouliotes se disent favorables à l'accueil des Jeux en 2008. Quant à l'hospitalité turque, elle est réelle et même proverbiale. Les autorités comptent d'ailleurs largement dessus pour influencer la délégation du CIO. Peut-être un peu trop.