«Il n’y a pas de tapis blanc, c’est vrai. Mais nous avons toujours plaidé pour des Jeux verts…» C’est par cette pirouette que Jacques Rogge, petits yeux et cravate orange, a commenté lundi le manque de neige sur le site de Cypress Mountain, où se dérouleront notamment les épreuves de snowboard des JO de Vancouver. Des «Jeux verts»… Pendant que le président du Comité international olympique (CIO) affiche confiance et sérénité, les camions et les hélicoptères continuent à charrier la neige là où elle fait défaut. Un système très sophistiqué de tuyauterie réfrigérante a ensuite pour fonction de la maintenir au frais jusqu’au début des compétitions de ski acrobatique, fixé à samedi.

«Il ne faut pas dramatiser la situation», a exhorté le Belge en conférence de presse. «J’ai discuté ce matin [lundi] avec des experts, nous avons reçu des rapports du comité d’organisation et de la fédération internationale de ski, et les compétitions ne sont pas en danger. Nous ne sommes pas inquiets, il n’y a pas de plan B.» Tandis qu’il pleuvait lundi matin sur Vancouver, les athlètes n’étaient pas en mesure de s’entraîner sur le site de Cypress Mountain, éloigné d’une trentaine de kilomètres de la ville.

Pas inquiet quant au déroulement de cette édition canadienne, Jacques Rogge a toutefois admis que le réchauffement climatique constituait une menace pour les JO d’hiver sur le long terme. «Dorénavant, pour attribuer les Jeux, nous nous renseignerons sur les statistiques d’enneigement des sites, sur les conditions météo locales, mais également sur les possibilités de pallier le manque de neige, soit par la fabrication de neige artificielle, soit par le transport de neige», a poursuivi le chef de la famille olympique, prônant une «attitude responsable».

Interrogé à propos du probable dépassement budgétaire de ces Jeux, le président du CIO s’est dit «confiant» dans la capacité du comité d’organisation à retomber sur ses pattes et à boucler des comptes équilibrés. Quant aux mouvements de protestation initiés par une partie de la population locale, passés ou à venir, Jacques Rogge les accepte au même titre que les prévisions météorologiques: «Nous savons que des manifestations sont prévues pour le jour de la cérémonie d’ouverture [vendredi]», a-t-il déclaré. «Nous les acceptons, cela fait partie de la démocratie. Ce que nous ne voulons pas, c’est la violence.»