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Là, c'est dans un cadre professionnel: l'Irlandais Shane Lowry  au Wentworth Club, dans le Surrey en Angleterre, mai 2017.
© PETER KLAUNZER

Sport

Les plaisirs du golf: bienvenue aux clubs

Sport de plein air par excellence, le golf entraîne la forme physique aussi bien que le mental. Et peut se pratiquer à tout âge

Avec son gazon rasé au millimètre et ses joueurs qui paradent, tirant leurs sacs remplis de clubs rutilants, le golf souffre de quelques clichés tenaces qui lui collent au green. Codifié au XVIIIe siècle sur les terres vertes d’Ecosse, il traîne la réputation d’être réservé aux stricts initiés. Mais taper dans la petite balle blanche est une activité abordable pour tous. A la fois physique et mental, sport de plein air par excellence, il peut faire autant de bien au corps qu’à l’esprit.

Enchaîner les swings

John Atkin, jeune retraité infatigable, va tâter du parcours plusieurs fois par semaine. Pour lui, qui a commencé à jouer il y a une vingtaine d’années, «il existe peu de sports que l’on peut pratiquer sans heurts passé un certain âge. Dans mon club, certains golfeurs ont près de 90 ans.»

Selon Kerstin Warnke, responsable médicale pour l’Association suisse de golf (ASG) et la délégation suisse des Jeux olympiques en 2012 et 2016, le golf est recommandé à tous, même aux personnes en situation de handicap: «Physiquement, on ne s’épuise pas comme lors d’une partie de tennis ou un match de foot. L’important, pour entretenir sa santé, c’est d’être en mouvement. Le golf permet de marcher et de se bouger en douceur.» La douceur, voilà sans doute la raison pour laquelle les seniors squattent le green. Pour autant, le golf n’a rien d’un sport à la cool: de nombreux jeunes enchaînent birdies, pars et eagles en tentant de finir leurs 18 trous le plus rapidement et le plus précisément possible.

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Passer un après-midi au vert

John Atkin a transmis le virus à ses filles, Sarah, 25 ans, et Nicole, 16 ans. Les deux jeunes femmes jouent moins que leur père, mais aiment passer un après-midi au vert, à enchaîner les swings. Tout est alors une question de rythme: «Si on veut être efficace et réduire son temps de jeu, il faut vite se déplacer d’un trou à l’autre. Ça fait pas mal de kilomètres, explique Sarah. Et c’est très rafraîchissant. Après quatre heures de jeu, on ressent l’effort physique.»

En plus du golf, les sœurs Atkin pratiquent toutes les deux la course à pied et le ski, ce que Kerstin Warnke préconise: «Pendant l’hiver, quand on ne peut pas jouer, il est important de garder une activité physique régulière, pour se maintenir en forme. Et avant chaque entraînement, on s’étire, pour éviter de trop brusquer les muscles abdominaux, qui travaillent en permanence lors d’une partie de golf!»

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Combat contre soi-même

Dans les clubs, jeunes et vieux s’activent, souvent en toute convivialité. «On y joue entre amis», explique Sarah. Elle et sa sœur s’accordent cependant pour dire qu’il vaut mieux s’entraîner en solo au début. «Si les autres autour de vous réussissent leurs coups alors que vous n’y arrivez pas, on peut rapidement devenir frustré», poursuit Nicole.

Quand les beaux jours reviennent, il arrive à Godeffroy Saint-Antoine, artisan de 37 ans, de rejoindre ses amis pour une partie. Il admet qu’à un moment de sa vie, il s’y adonnait plusieurs fois par semaine: «Le golf peut vite devenir une drogue. Je voulais m’améliorer, donc je jouais beaucoup et je passais des heures à regarder des vidéos de pros, pour m’inspirer de leurs coups.» Aujourd’hui, Godeffroy a remisé son perfectionnisme, histoire de garder de ces moments des souvenirs de pur plaisir. «Ce qu’il y a d’original, c’est qu’on ne joue pas contre les autres, mais contre soi-même. Si on a la tête pleine, si on pense au boulot, aux problèmes du quotidien, on fera un score déplorable.»

Effet sur le cerveau

«Je pense qu’une partie de golf est mentalement beaucoup plus épuisante que d’aller courir ou de faire du VTT, admet Kerstin Warnke. Or, la littérature médicale actuelle ne peut pas expliquer cela. On constate un effet sur le cerveau, mais sans savoir précisément de quoi il en retourne.» L’état d’esprit et la force mentale détermineraient donc presque tout le jeu. «Ça demande beaucoup de concentration et de confiance en son swing, explique Sarah. La patience et la précision sont des qualités indispensables. Généralement, si on les met en pratique, on reste relax sur le terrain.»

Alors, faut-il être calme de nature et faire preuve d’un caractère pointilleux pour réussir au golf? Là encore, pas de réponse claire de la part de la médecine. John Atkin, qui a rencontré des centaines de golfeurs tout au long de sa pratique, a remarqué que les «excités» sur le terrain sont souvent les mêmes qui, dans la vie de tous les jours, ont du mal à gérer leurs émotions. «Les golfeurs qui deviennent grossiers quand ils manquent un coup sont plutôt impolis au quotidien. Néanmoins, le golf est un sport sournois, qui peut épuiser la patience des plus grands saints», admet avec humour ce passionné du green.


L’Association suisse de golf (ASG) organise tout au long de la saison golfique 2017 des journées portes ouvertes pour découvrir ce sport sur tous les parcours du pays. Le calendrier des manifestations est consultable sur le site.

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