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Lucien Favre, nouvel entraîneur de l’OGC Nice. (Keystone)
© SALVATORE DI NOLFI

Football

«Les plans de carrière, cela n’existe pas»

Nouvel entraîneur de l’OGC Nice, Lucien Favre découvre la Ligue 1 dimanche contre Rennes. Un nouveau challenge pour l’entraîneur vaudois après huit saisons en Allemagne

Après l’Allemagne, la France s’apprête à découvrir Lucien Favre, sa prudence de Vaudois, son bon sens terrien, son goût du travail bien fait et son souci d’un football léché et construit. Les plus de 40 ans se souviennent que, joueur, «Lulu» brilla une saison à Toulouse, alors entraîné par Daniel Jeandupeux.

C’est à Nice, quatrième de la dernière saison de Ligue 1 mais qui a perdu son diamant Hatem Ben Arfa, que le meilleur entraîneur suisse actuel retrouve les terrains, onze mois après sa démission surprise du Borussia Mönchengladbach, le club qu’il dirigeait depuis 2011 et avait qualifié pour la Ligue des champions.

Depuis, il s’était muré dans le silence, laissant courir les rumeurs qui l’annonçaient à Lyon ou au Bayern Munich. L’homme a bâti sa réputation sur des résultats et parce qu’il a la capacité rare de faire progresser ses équipes, pas sur des déclarations tapageuses. Il préfère passer son temps à analyser des renforts potentiels qu’à se raconter. Le 15 juillet, il avait néanmoins accepté de donner une interview au Temps lors du stage de son équipe à Divonne­-les­-Bains. Un rendez-vous honoré malgré l’attentat de Nice, survenu la veille au soir.

Le Temps: Lucien Favre, pourquoi avoir choisi l’OGC Nice?

­ Lucien Favre: Pourquoi pas? (Sourire) Plus sérieusement, il y a d’abord une importante question de timing. Parfois, un club souhaite vous engager, mais vous êtes sous contrat et vous ne pouvez pas y aller. Ici à Nice, le projet est intéressant. Après quatre ans à Zurich et huit ans en Allemagne, soit douze ans à travailler en langue allemande, j’avais envie d’un nouveau challenge, de découvrir quelque chose de différent.

- Qu’est-ce qui relie les différents clubs que vous avez dirigés? Y a-t-il un profil de club qui vous attire particulièrement?

- Non, je ne crois pas. En tant qu’entraîneur de football, les plans de carrière, cela n’existe pas.

- Pourtant, vous avez fait des choix forts. En décembre 2015, l’Olympique Lyonnais souhaitait faire appel à vous et vous n’y êtes pas allé…

- C’est vrai, mais justement: mon contrat avec le Borussia Mönchengladbach courait toujours et je ne pouvais pas accepter, tout simplement.

- Il y a aussi eu votre démission à Mönchengladbach. Une décision qui a surpris beaucoup d’observateurs et sur laquelle vous ne vous êtes jamais vraiment expliqué…

- Non, et je ne le ferai pas. Il n’y aura pas de détails. C’est du passé. Maintenant, je pense à l’avenir.

- A Nice, il faudra confirmer après une très bonne saison du club, bouclée au quatrième rang. C’est ce défi difficile qui vous a intéressé?

- Ceux qui se renseignent savent que sur les quatre dernières saisons, l’OGC Nice a terminé quatrième, dix-septième, onzième puis à nouveau quatrième. Cela montre très clairement que ce qui est difficile, c’est de stabiliser l’équipe dans la partie haute du classement. Ce sera naturellement mon objectif. Mais beaucoup de choses ont changé depuis la saison dernière: cinq joueurs sont partis. Ils constituaient la colonne vertébrale de l’équipe. Alors cette saison peut s’avérer être délicate.

- Jusqu’ici, on a davantage parlé de Nice pour ses départs, Ben Arfa en tête, que pour ses arrivées.

- Pour l’instant, on a pris quelques jeunes très talentueux et il s’agira de les faire progresser. Après, je n’invente rien: on cherche toujours à remplacer les joueurs partis. Et remplacer un Hatem Ben Arfa, autour duquel tout le système s’articulait la saison dernière, c’est un sacré challenge. Mais on ne pourra pas trouver exactement le même profil, il faudra réfléchir différemment.

- Vous passez du championnat allemand, le plus offensif d’Europe, au français qui est beaucoup plus défensif.

- Tout le monde me dit ça. Qu’en Ligue 1, ça boucle. On verra bien. Mais de toute façon, il faut savoir s’adapter à la situation, aux joueurs qu’on a à disposition.

- Vous êtes plutôt partisan d’un football offensif, joueur. Allez­-vous changer à Nice?

- Non.

- Aujourd’hui, les entraîneurs les plus médiatiques monopolisent les places dans les meilleurs clubs. Qu’est­-ce que cela vous inspire?

- Comment fait-­on pour juger des compétences d’un entraîneur? On prend son palmarès. S’il s’est bien débrouillé partout où il est passé, ça donne une bonne indication de ses qualités. Mais ce qui serait intéressant, ce serait d’échanger les places. Donner une même équipe et les mêmes moyens aux entraîneurs les plus médiatiques, comme vous dites, et à d’autres. Alors, on pourrait vraiment voir ce qui fait la différence. Dans la situation actuelle, ça se joue beaucoup à l’image.

- L’image, justement: avec Diego Simeone à l’Atlético Madrid, Jürgen Klopp à Liverpool et Antonio Conte à Chelsea, la mode est aux entraîneurs très expressifs. Gesticuler, c’est devenu une obligation?

- En ce qui me concerne, j’aime bien être au bord de la ligne de touche pour communiquer avec les joueurs. Mais pas besoin de grands gestes: c’est du cinoche. Et les joueurs ne peuvent pas les comprendre. On peut leur donner des indications claires, avec un geste arrêté (il fait un V avec son index et son majeur), mais pas davantage. Attention: chaque entraîneur vit son match comme il le souhaite et, mis à part ceux qui invectivent l’équipe adverse ou l’arbitre, cela ne me dérange pas.

Mais je pense que le fait de gesticuler, comme vous dites, est plus lié à la personnalité de l’entraîneur qu’à une réflexion tactique. Celui qui le fait a besoin de vivre le match avec son équipe. Et ce qu’il lui transmet ainsi, davantage qu’une consigne, c’est son engagement, et son envie de faire juste.

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