Rugby

Elle plaque, elle plaque, la banlieue

Pour cette Coupe du monde au Japon, le XV de France s’appuie sur trois joueurs formés en banlieue parisienne. Si les talents émergent de plus en plus à l’ombre des tours, une frontière culturelle existe encore

Le rugby doit peut-être son nom à une ville du Warwickshire au cœur de l’Angleterre. Pour la prononciation en français, l’usage serait plutôt au «rrrubi» en forçant sur le «r» et tant pis pour le «g». Une affaire d’accent donc, de tradition et de terroir, celui qui englobe le Sud-Ouest et quelques correspondants plus éloignés comme le Var, la Charente-Maritime ou l’Isère. Mais les temps changent et l’ovalie sort depuis quelques années de son lit pour irriguer d’autres territoires, en particulier ceux de la banlieue parisienne.

Pour la première Coupe du monde en 1987, le seul «banlieusard» du XV de France s’appelle Franck Mesnel, demi d’ouverture bien né de Neuilly-sur-Seine et étudiant en architecture aux Beaux-Arts de Paris. Trente-deux ans plus tard pour la neuvième édition au Japon, ils sont trois à représenter la banlieue, celle des barres de HLM et des dalles en béton: les piliers Rabah Slimani (Sarcelles), Demba Bamba (Saint-Denis) et le troisième ligne Yacouba Camara (Bobigny puis Massy). Un contingent qui aurait pu être plus important sans la disgrâce de dernière minute du vice-capitaine des Bleus, Mathieu Bastareaud (Massy), et celle de Sekou Macalou (Sarcelles), plus en odeur de sainteté auprès du sélectionneur Jacques Brunel, après une troisième mi-temps agitée à Edimbourg en 2018.