éditorial

A Platini de jouer

Il est indéniable que Michel Platini fait un excellent candidat à la présidence de la Fédération internationale de football. S’il est élu le 26 février 2016, l’ancien numéro 10 des Bleus devra démontrer qu’il peut aussi être un très bon président de la FIFA

Editorial

A Platini de jouer

Il est indéniable que Michel Platini fait un excellent candidat à la présidence de la Fédération internationale de football. S’il est élu le 26 février 2016, l’ancien numéro 10 des Bleus devra démontrer qu’il peut aussi être un très bon président de la FIFA.

En officialisant mercredi sa candidature, l’actuel président de l’Union européenne (UEFA) a assumé son statut de successeur désigné de Sepp Blatter, dont il était encore très récemment l’héritier naturel, presque le fils préféré. Les deux hommes se sont éloignés en 2014 parce que le Valaisan refusait de passer la main, comme un accord tacite le prévoyait. Et non pas parce que le Français était scandalisé par les pratiques qui avaient cours à Zurich, dont il ne pouvait pas ne pas être au courant, sinon dans les détails du moins dans la «philosophie» générale.

Michel Platini n’a jamais rien dit, si ce n’est tout récemment, de la compromission et de l’affairisme qui régnaient sur la colline du Sonnenberg. Peut-être cela n’aurait-il servi à rien. Sans doute a-t-il, lorsqu’il n’était que le conseiller du président, invité Sepp Blatter à faire le ménage dans un comité exécutif où les casiers judiciaires sont plus nombreux que les Ballons d’or. Pour l’heure, nous ne pouvons que prendre acte de sa volonté de réformer une institution qui n’aura connu que deux présidents ces quarante dernières années. Et le juger sur son travail depuis 2007 à l’UEFA.

Idéaliste mais pas dogmatique, Michel Platini a su habilement concilier les intérêts économiques des grands clubs tout en faisant une place aux petites nations. Ce sont toujours le Real, le Bayern ou Chelsea qui remportent la Ligue des champions, mais Bâle, Cluj ou Nicosie ont une chance d’y briller un peu. Son fair-play financier bride les tentations dépensières inconsidérées mais ne modifie pas le système des transferts et de ses mouvements opaques.

Cette manière d’avancer sans heurter les puissances en place marque le style du dirigeant Platini, un homme qui prône l’évolution, jamais la révolution. Ironique et cassant là où Sepp Blatter savait être onctueux et flatteur, le Français n’a jusqu’ici pas eu besoin de se montrer très diplomate. Cela ne veut pas dire qu’il ne saura pas l’être lors de la campagne électorale.

S’il est élu, il devra s’adapter. Si l’UEFA se dirige à la française, avec un chef qui décide de tout, la FIFA, avec son président et ses six confédérations, se gouverne comme un Conseil fédéral du football.

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