Après avoir accueilli il y a une semaine des joueurs de beach volley venus des quatre coins de la planète, Vidy s'est métamorphosé ce week-end à l'occasion du cinquième International Roller Contest de Lausanne: les volleyeurs bronzés et musclés ont laissé la place à une nuée de roller-skaters aux cheveux courts et aux pantalons larges. Amateurs ou professionnels, les participants sont venus pour s'amuser plutôt que pour se mesurer les uns aux autres. Beaucoup d'entre eux – qui ont planté leur tente au camping de Vidy – avaient entrepris un long voyage afin de participer à la fête.

Malgré un temps peu favorable, le public, constitué de (très) jeunes ados, de familles et de promeneurs curieux, n'a pas boudé la manifestation. Moins nombreux que l'année dernière, ils étaient pourtant beaucoup à assister aux acrobaties des compétiteurs et à profiter de chaque temps mort pour s'essayer au half-pipe et au street. La musique et le martèlement des patins sur les rampes qui accompagnait du matin au soir les démonstrations des riders couvraient par moment la voix du commentateur.

Vendredi soir, à l'arrivée de la traditionnelle descente aux flambeaux, les patineurs ont pris d'assaut les rues d'Ouchy, puis ont avancé en cortège jusqu'à Vidy à l'enseigne de la Laus'Angeles Parade. Munis de sifflets, ils se sont ensuite agrippés par dizaines aux voitures et se sont laissé tirer ainsi sur toute la longueur de l'avenue de Rhodanie. Les retardataires se dépêchaient afin de profiter du spectacle qui allait reprendre dans le bas de la capitale vaudoise. A Vidy, les infatigables patineurs ont poursuivi leurs démonstrations jusque tard dans la nuit de samedi à dimanche, au rythme des décibels crachés par les enceintes acoustiques.

Samedi soir, après une nouvelle journée de compétitions, les participants ont fait place à la musique. Les spectateurs se sont déplacés en nombre, sous une pluie fine, pour assister aux concerts et se balader de stand en stand, une bière à la main. Entassés devant la scène, sous une grande bâche, les adeptes du patin ont pu apprécier les sons électro-hardcore des Anglais de Senser, puis le reggae plus tranquille des Moonraisers. Perchés sur leurs patins desquels ils n'arrivaient apparemment pas à se défaire, certains marchaient allègrement sur l'herbe qui se couvrait peu à peu de boue. Car, en fin de compte, le roller est devenu un moyen comme un autre de se déplacer, ainsi que le soulignait le chef de la police lausannoise.