Des procureurs fédéraux américains ont annoncé mercredi l'arrestation en Italie d'un homme soupçonné d'être membre d'un groupe criminel international et d'avoir truqué des compétitions de patinage artistique au cours des Jeux de Salt Lake City. Ce citoyen russe, Alimzhan Tokhtakhounov, est soupçonné d'être une figure importante du crime organisé eurasien.

L'homme a été arrêté par les autorités judiciaires italiennes avec l'aide du FBI. «Il s'est servi de son influence sur des membres des Fédérations russe et française de patinage pour truquer des épreuves», ont indiqué les procureurs. «Tokhtakhounov et d'autres personnes se sont mis d'accord pour que, en échange du vote de la juge française en faveur du couple russe, les Russes assurent la victoire du couple français, dont la femme est d'origine russe, dans l'épreuve de danse.»

Deux responsables français – la juge Marie-Reine Le Gougne et le président de la Fédération française, Didier Gailhaguet – ont été suspendus pour trois ans en avril par la Fédération internationale de patinage suite à cette affaire. Après l'éclatement du scandale, une seconde médaille d'or avait été attribuée aux Canadiens Jamie Salé-David Pelletier. Les Français Marina Anissina et Gwendal Peizerat avaient quant à eux remporté l'épreuve de danse devant les Russes Irina Lobacheva et Ilia Averbukh.

L'opération «East money» (Argent de l'Est), qui a mené à l'arrestation de Tokhtakhounov en Toscane, se poursuit, a affirmé la police italienne. «L'arrestation est le fruit accidentel de plus d'un an d'enquête sur des membres du crime organisé russe opérant sur le territoire italien et appartenant au groupe criminel appelé «Brigade du soleil».

Selon la police italienne, les tentatives de corruption d'Alimzan Tokhtakhounov pourraient ne pas s'être limitées à deux juges. Les enquêteurs américains affirment avoir obtenu des enregistrements de conversations entre Tokhtakhounov et un danseur français, mais aussi avec la mère d'une danseuse française. Ils pensent que Tokhtakhounov espérait en échange obtenir un visa pour retourner en France, où il a déjà vécu.

Le président du CIO Jacques Rogge, «choqué», a annoncé que son institution allait chercher à «obtenir tous les faits» dans cette affaire. LT/AFP/AP