Ron Dennis, le patron de l'écurie McLaren-Mercedes et surtout de Mika Hakkinen, lequel est plus que jamais désigné comme le favori du championnat du monde de F1 depuis l'accident de Michael Schumacher, s'est fendu d'un conseil à l'attention d'Eddie Irvine, à la veille du Grand Prix d'Autriche. Le très rigide team manager britannique suggère à l'Irlandais, soudain devenu le No 1 de l'écurie Ferrari, de la «boucler» et de prouver, volant en main, qu'il est digne de prétendre au titre de champion du monde. Les journaux britanniques, en des termes moins choisis, ne disent pas autre chose.

Repos forcé du chef

Depuis quelque temps, Irvine fanfaronnait beaucoup, jugeant qu'il valait mieux que ce rôle de lieutenant que son contrat Ferrari lui impose depuis plusieurs saisons. Le repos forcé de son chef de file, que sa double fracture (tibia-péroné) à la jambe droite va écarter des circuits au moins jusqu'à la mi-septembre, lui donne l'occasion de piloter enfin sans retenue. Mieux, actuellement deuxième au classement du championnat du monde avec huit points de retard seulement sur Mika Hakkinen (a égalité avec Schumacher), Eddie Irvine est obligé de relever le défi pour tenter d'offrir à l'équipe Ferrari le titre de champion du monde des pilotes qu'elle espère depuis vingt ans. Le Sud-Africain Jody Scheckter, sacré en 1979, étant le dernier champion Ferrari en date.

Faire monter les enchères

Ce nouveau statut de leader de la Scuderia peut également être déterminant pour la suite de la carrière d'Irvine. A l'heure où il négocie son transfert dans une autre équipe, l'Irlandais se doit d'être à la hauteur des responsabilités qui reposent désormais sur ses épaules. Après 89 Grand Prix disputés, il ne compte qu'une seule victoire à son palmarès, cette saison lors de la course d'ouverture en Australie. S'il veut faire monter les enchères, Irvine est obligé de faire au moins aussi bien que Michael Schumacher. Pas facile!

L.F., Spielberg