Les organisateurs du Vendée Globe ont décidé mardi d'ajouter deux portes (larges de 400 mètres) supplémentaires dans le sud de l'Australie. Le parcours du Vendée Globe comporte donc désormais cinq portes et un «waypoint», point de passage obligé. Ce système de balisage vise à empêcher les concurrents d'emprunter le chemin le plus court autour du continent Antarctique, à savoir une route très au sud entre les icebergs. Cette décision a été prise à la demande des autorités militaires australiennes, lassées d'envoyer des équipes de secours récupérer des navigateurs en détresse comme ce fut le cas lors de l'édition 1996-1997.

Pressions politiques

Cette modification de dernière minute déplaît à certains skippers comme Dominique Wavre qui, en tant que membre de la commission sportive de la classe IMOCA (monocoques de 60 pieds open), avait planché sur la question avec les organisateurs: «C'est un coup de force détestable et surtout une décision politique, car l'ambassadeur d'Australie en a parlé à Jacques Chirac et Jean-François Lamour, qui ont fait pression sur Philippe De Villiers (nldr: président de la SEM, l'entité organisatrice).»

«Il ne faut pas jouer avec les glaçons»

Consultés également par les organisateurs, Michel Desjoyeaux (vainqueur de la dernière édition) et Isabelle Autissier, qui a connu deux chavirages et vécu la disparition d'un concurrent (le Canadien Gerry Roufs), estiment que c'est une question de bon sens et de responsabilité collective: «Il ne faut pas jouer avec les glaçons dans le Grand-Sud. On est obligé de baliser le terrain pour que certains ne fassent pas prendre des risques aux autres. Mais l'espace reste assez grand pour jouer. Cela ne devient pas l'autoroute pour autant.»

Sébastien Josse, le benjamin de l'épreuve, pense que c'est à double tranchant: «Ce n'est pas aux autres de payer nos ambitions et notre égoïsme, mais il ne faut pas que ce genre de mesures incite des gens inexpérimentés à disputer le Vendée Globe. Même avec plus de sécurité, il y aura toujours des accidents car là-bas, personne n'est protégé.»