Ne cherchez pas où se trouve Cork City, vous ne trouverez pas. Ces Irlandais n'ont jamais passé un tour de Coupe d'Europe. En match aller du tour préliminaire de la Coupe de l'UEFA, ce club ne doit dès lors poser aucun problème au Lausanne-Sports. Pourtant, ce ne fut pas le cas jusqu'à la... 89e minute. Moment choisi par Cédric Horjak pour marquer l'unique but de la rencontre et libérer enfin les siens. Résultat étonnant au vu de la différence technique entre les deux équipes, mais pas au vu de la prestation vaudoise: manque d'idées, de vitesse et beaucoup d'erreurs individuelles ont en effet constellé la prestation vaudoise. A cela, il faut ajouter un peu de suffisance et l'expulsion de Baudry (28e). Suffisamment d'ingrédients pour passer à côté de son sujet. Mais, au vu de la faiblesse des Irlandais, ce maigre avantage paraît malgré tout suffisant pour passer le tour, le 24 août prochain.

On s'attend à voir le Lausanne-Sports empoigner le match pour marquer au plus vite et se rassurer tout en faisant douter ses adversaires. Quelle déception! Apathiques, comme anesthésiés par le climat estival, les Vaudois jouent sur un tempo de sénateurs. Face à une équipe recroquevillée en défense, ils n'arrivent pas à hausser le rythme du jeu. Pourtant, ils sont plus jeunes en moyenne d'âge, opposés à des semi-professionnels, qui par ailleurs ne reprennent leur championnat que le week-end prochain.

La reprise de volée de Javier Mazzoni (4e), de peu à côté, laisse présager d'autres actions dignes de note. Hélas pour les 3750 supporters vaudois - auxquels il faut ajouter une cinquantaine d'Irlandais -, elle demeure isolée. En fait, pendant plus de vingt minutes, le jeu se résume à une succession de passes ratées côté lausannois et à une unique abnégation défensive, sans aucune velléité offensive, côté irlandais. Jusque-là très effacé, le stratège Olivier Baudry décide alors de se mettre en évidence. Pour le meilleur et pour le pire. D'abord sa violente frappe de l'orée de la surface de réparation termine sur la barre transversale (27e). Ensuite, il se fait l'auteur d'un vilain geste - coup de coude sur Oliver Cahill - que l'arbitre sanctionne justement d'une expulsion (28e).

Décidément, les Lausannois accumulent les gestes de nervosité en ce moment, puisque vendredi dernier, face à Saint-Gall en championnat, Javier Mazzoni avait quitté la pelouse de l'Espenmoos avant la fin du match pour un geste identique. Cette fois, l'Argentin sortira pour une blessure (31e). En infériorité numérique et privés de leur meilleur atout offensif, les Lausannois voient leurs actions - déjà pas très hautes - à la baisse. Sur un débordement de David Hellebuyck, Jean-Philippe Karlen s'élève très haut, mais ne cadre pas sa tête (42e).

En deuxième mi-temps, le schéma tactique ne change pas: dix Irlandais dans le camp de défense et un seul homme en pointe. Les spectateurs s'impatientent: «Allez Lausanne, on se réveille!» Le message met du temps à passer puisque, hormis des corners et des centres d'Hellebuyck, insaisissable sur son côté gauche, le Lausanne-Sports se fait le plus souvent siffler pour ses imprécisions, notamment ses tirs non cadrés. En fin de rencontre, la pression se fait enfin continue et asphyxiante puisque les joueurs de Cork City ne sortent quasiment plus de leurs seize mètres.

Marcin Kuzba place une tête victorieuse en reprenant un coup franc (83e), mais l'arbitre a déjà sifflé pour une faute de l'attaquant polonais. But annulé, mais le Lausanne-Sports ne baisse pas les bras. Une minute plus tard, Massimo Lombardo affronte seul le gardien: son tir ne fait que frôler le montant des buts de Mooney. Une violent tir d'Hellebuyck prend le chemin de la lucarne, mais le gardien se détend - accomplit son premier véritable arrêt! - et dévie en corner (88e). Enfin, la délivrance. Un nouveau centre d'Hellebuyck - meilleur homme sur le terrain - est repris par Cédric Horjak. La demi-volée du jeune Français (21 ans) termine au fond des filets.

En Coupe d'Europe, un but d'avance est, généralement, un maigre avantage avant d'affronter un déplacement. Seulement, dans quinze jours, les Irlandais - vraiment faibles - devront se découvrir et laisser des espaces aux véloces attaquants vaudois. Paradoxalement, le match retour s'annonce sous de bons auspices.