Sport automobile

Porsche se convertit à la Formule E, après Mercedes

Le constructeur allemand a décidé de tourner le dos au championnat du monde d’endurance pour embrasser la catégorie 100% électrique, qui continue de bouleverser le milieu

La nouvelle était attendue, mais cela ne l’a pas empêché de faire l’effet d’une bombe lorsqu’elle a été officialisée ce vendredi. Fin 2017, le constructeur allemand Porsche quittera le championnat du monde d’endurance, dont il animait la meilleure catégorie, appelée LMP1. Il a choisi de se tourner – à compter de 2019 – vers la Formule E et ses bolides 100% électriques, qui bouleversent le milieu du sport automobile depuis leur apparition en 2014.

«La Formule E est l’environnement de compétition ultime pour mener plus loin le développement haute performance de véhicules qui respectent l’environnement, qui sont efficients et viables», explique Michael Steiner, membre de la direction de Porsche.

La Formule E, «une start-up passionnante»

Ce revirement stratégique s’inscrit parfaitement dans la tendance. En début de semaine, c’est Mercedes qui annonçait sa prochaine arrivée dans le championnat 100% électrique, en même temps que son futur concurrent et avec des motivations similaires. «La Formule E est comme une start-up passionnante, soulignait Toto Wolff, patron de Mercedes-Benz Motorsport. Elle offre un nouveau format, où la course permet de promouvoir les technologies actuelles et futures.»

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Aspirateur à constructeurs

Aspirateur à constructeurs, la Formule E ne fait pas les affaires de tout le monde. Pour s’y investir, Mercedes-Benz va se retirer du championnat allemand de voitures de tourisme, le DTM, dont le constructeur était un des piliers. L’automne dernier, Volkswagen avait, de son côté, annoncé son retrait du championnat du monde des rallyes, et Audi son départ du monde de l’endurance.

Avec le désistement supplémentaire de Porsche, la catégorie LMP1 – où quatre constructeurs bataillaient encore en 2015 – ne devrait plus compter la saison prochaine qu’une seule écurie, Toyota. Qui «pourrait revoir ses plans suite à l’annonce de son rival», prévient Motorsport.com.

Promoteur du championnat et des 24 Heures du Mans, l’Automobile Club de l’Ouest regrette le départ de Porsche, sa précipitation et sa brutalité, mais refuse de s’avouer vaincu. En juin, un nouveau règlement avait été présenté avec l’objectif de séduire de nouvelles écuries à l’horizon 2020. Les organisateurs veulent croire à une transition réussie jusque-là. «La saison 2018 sera, par ses nouveautés, tout à fait exceptionnelle. Très clairement, la réduction des coûts, la stabilité mais également l’innovation et l’audace seront au rendez-vous pour proposer un championnat toujours plus spectaculaire et attractif où le sport et l’endurance seront en première ligne.»

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La révolution électrique continue et la Formule E reste le championnat de cette révolution

A la mode comme une série TV, la Formule E va vivre les derniers épisodes de sa saison 3 ce week-end à Montréal, où deux courses sont prévues au centre-ville. Au classement général, le Vaudois Sébastien Buemi (six victoires en dix e-Prix cette saison), champion du monde en titre, compte dix points d’avance sur le Brésilien Lucas Di Grassi.

Peu importe ce qu’il se passe sur le circuit canadien: c’est la catégorie dans son entier qui est en train de marquer des points. «Si quelqu’un m’avait dit en démarrant le projet il y a cinq ans que nous annoncerions des partenariats avec une marque comme Porsche, je n’y aurais jamais cru, s’émerveille le directeur Alejandro Agag. La révolution électrique continue et la Formule E reste le championnat de cette révolution.»

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