Ligue des nations

Portugal-Suisse, comme une revanche

Lors de la demi-finale de la nouvelle compétition européenne en juin prochain à Porto, les hommes de Vladimir Petkovic affronteront la dernière équipe à les avoir surclassés 

L’équipe de Suisse de football tient l’occasion de prendre sa revanche. Battue 2-0 à Lisbonne lors des qualifications pour la dernière Coupe du monde, elle a hérité du Portugal comme adversaire dans la première demi-finale de la Ligue des nations, qui se déroulera le 5 juin prochain à Porto. La seconde mettra aux prises les Pays-Bas et l’Angleterre le lendemain à Guimarães.

Dimanche à Dublin, quelques mains innocentes avaient ficelé pour les hommes de Vladimir Petkovic un programme abordable pour les éliminatoires de l’Euro 2020, en les plaçant dans le même groupe que le Danemark, la République d’Irlande, la Géorgie et Gibraltar. Un peu plus de vingt-quatre heures plus tard, d’autres lui ont réservé un défi autrement plus relevé.

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Il n’existait aucun tirage véritablement clément, entre des Pays-Bas qui revivent après avoir manqué la dernière Coupe du monde et une Angleterre décomplexée par le sélectionneur Gareth Southgate. Mais cela n’aurait pas pu être pire que d’affronter le Portugal au Portugal, pour un match à enjeu dans un grand stade survolté. L’équipe de Suisse est bien placée pour le savoir.

Dévorés par la pression

Le mardi 10 octobre 2017, elle abordait son déplacement à Lisbonne en position de force. Un match nul lui suffisait pour assurer sa qualification directe à la Coupe du monde en Russie. Mais rien ne s’était passé comme prévu. Devant les 60 000 spectateurs déchaînés du stade de Luz, Xherdan Shaqiri et ses coéquipiers avaient été dévorés par la pression et dépassés par leurs adversaires. Depuis, ils ont concédé quelques défaites supplémentaires, de la plus regrettable (contre la Suède en huitième de finale du Mondial) à la plus anecdotique (contre le Qatar en match amical). Mais cela fait des années qu’ils n’ont pas été surclassés comme ce soir-là au Portugal.

En demi-finale de la Ligue des nations, l’équipe de Suisse aura l’occasion de montrer le chemin parcouru depuis. Sa large victoire en novembre contre la Belgique (5-2) suggère qu’elle a poursuivi sa progression, toutefois elle ne partira pas favorite contre les champions d’Europe en titre. «Nous allons jouer notre carte à fond, a réagi Vladimir Petkovic après le tirage. Nous ne disputons pas ce tournoi pour perdre. Nous voulons créer la surprise.»

L’énigme Ronaldo

Reste à déterminer dans quelle configuration le Portugal abordera ce premier «Final Four» de l’histoire de la compétition. Depuis son élimination en huitième de finale de la Coupe du monde contre l’Uruguay, la Seleção évolue sans son capitaine Cristiano Ronaldo. Son absence avait dans un premier temps été justifiée par sa volonté de s’acclimater au mieux à sa nouvelle vie en Italie, après son transfert du Real Madrid à la Juventus. Certains postulent que l’attaquant de 33 ans reste en retrait de l’équipe nationale à cause des accusations de viol dont il doit actuellement répondre. Mais personne ne sait vraiment s’il reviendra, et si oui quand, en dépit des déclarations du sélectionneur Fernando Santos qui assure qu’il fait «toujours partie de l’équipe».

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Mais «les Portugais ont montré qu’ils pouvaient gagner même sans Ronaldo», a souligné Vladimir Petkovic. Depuis la Coupe du monde, les champions d’Europe sont invaincus (trois victoires, trois nuls). Ils ont même été les premiers à obtenir leur ticket pour le dernier carré de la Ligue des nations – c’est d’ailleurs à ce titre qu’ils évolueront au pays, quinze ans après qu’il a accueilli l’Euro 2004. La Seleção avait alors été battue en finale par la Grèce. Pour elle aussi, le Final Four sera l’occasion d’une revanche.

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