Angleterre

La Premier League, Football manager

Le championnat le plus riche du monde n'attire toujours pas les meilleurs joueurs de la planète. Qu'importe: il a les entraîneurs les plus excitants

Le marché des transferts s'est achevé jeudi 9 août en Angleterre. Si les clubs de Premier League peuvent encore vendre, ils n'ont plus le droit d'acheter. Ils ne s'en sont pas privés cet été, malgré un mercato beaucoup plus réduit dans le temps qu'à l'accoutumé et une Coupe du monde qui a longtemps figé le marché dans une position d'attente.

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On s'habitue à tout, y compris aux sommes investies: 218 millions de francs pour Liverpool, 160 millions pour Chelsea, 124 millions pour Everton et même 127 millions pour le néo-promu Fulham. Quelques transactions font tout de même tiquer, à commencer par les 93 millions de francs lâchés par Chelsea pour acquérir le jeune gardien de l'Athletic Bilbao Kepa Arrizabalaga, troisième portier de l'Espagne à la Coupe du monde. En France, les supporters de l'OM ont écarquillé les yeux en découvrant que la vente d'André-Frank Zambo Anguissa à Fulham avait rapporté 30 millions.

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Il y a bien sûr beaucoup de très bons joueurs dans le lot (les Brésiliens Alisson, Jorginho et Fred, respectivement à Liverpool, Chelsea et Manchester United, le Colombien Mina à Everton, l'Ivoirien Jean-Michaël Seri à Fulham) mais aucun top players. Pas de Lukas Modric, que l'Inter essaye d'arracher au Real Madrid, pas d'Antoine Griezmann, finalement resté à l'Atlético, pas de Cristiano Ronaldo, parti à la Juventus.

La crème du coaching

A l'exception de Hazard, Pogba, de Bruyne et Kane, les meilleurs joueurs sont en Espagne, les meilleurs jeunes en France et les meilleures affluences en Allemagne mais les fans de football anglais s'en moquent comme de leur première Guinness parce que eux ont les meilleurs entraîneurs. Longtemps moquée pour son retard tactique, la Premier League rassemble aujourd'hui (pratiquement) ce qui se fait de mieux en matière de coaching. Les stars se nomment Pep Guardiola (Manchester City), José Mourinho (Manchester City), Jürgen Klopp (Liverpool), Mauricio Pochettino (Totenham), Manuel Pellegrini (West Ham), Maurizio Sarri (Chelsea), Unai Emery (Arsenal).

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Parmi les 20 entraîneurs engagés, on dénombre trois anciens entraîneurs du Real Madrid, trois vainqueurs de la Ligue des Champions, un ancien sélectionneur (Roy Hodgson), quatre entraîneurs sacrés dans d'autres pays. Et surtout: plus de Sam Allardyce, de Harry Redknapp, d'Alan Pardew. Il n'y a plus non plus d'Arsène Wenger, remplacé par Unai Emery à Arsenal, et ce n'est pas lui faire injure que de dire que cela contribue au vent de fraîcheur qui souffle sur l'Angleterre.

Comme un grand film

C'est peut-être la plus belle victoire de Pep Guardiola que d'avoir transformé la mentalité d'un pays depuis son banc de touche, comme Eric Cantona l'avait fait sur le terrain vingt ans avant lui. Car même Chelsea s'y est mis, avec Maurizio Sarri, qui avait fait de Naples l'une des équipes les plus excitantes du continent, à défaut d'être parvenu à détrôner la Juve. Dès les premiers matchs amicaux, des vidéos de mouvements collectifs ont circulé telles les premières images d'un grand film en préparation.

Attention spoiler: il n'est pas sûr que cela paie tout de suite. Guardiola lui-même a patienté quinze mois avant que son City joue comme il l'espérait. Mais tous les amoureux de la Premier League ne rêvent que de deux choses cette saison: que Sarri réussisse sa greffe, et que le Leeds de Marcelo Bielsa soit promu.

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