La ville de Zurich veut croire en «son» Eurofoot grâce au Letzigrund. Qualifié d'impensable il y a encore quelques semaines, ressorti du tiroir il y a une dizaine de jours, le projet a accompli une étape supplémentaire hier soir. Le parlement communal lui a donné une nouvelle impulsion au terme d'un débat plutôt agité. La grande majorité des représentants politiques présents a accepté un premier crédit de 700 000 francs destiné aux modifications nécessaires pour l'événement. Parallèlement, elle a donné son aval à la hausse des crédits de planification.

Les Verts sceptiques

Si l'opposition s'est avant tout manifestée du côté de l'UDC, hostile à de nouvelles dépenses, certains représentants des Verts n'ont pas caché leur scepticisme. Mais, au-delà du football, la discussion a également porté sur l'éclat que la métropole entend s'assurer. Pour Doris Fiala, présidente de la fraction zurichoise du Parti radical, il y va de la croissance de la région. Son adresse aux «Neinsager» s'est voulue virulente. «A force de nous prélasser dans notre confort, nous n'existons plus. Il ne faut pas s'étonner ensuite si l'on parle de problèmes d'image!»

Si, dans les rangs de l'UDC, on s'entend pour soutenir le projet sportif, c'est l'ardoise finale qui effraie. «Avec les risques de dépenses supplémentaires encourus, il faut bien voir que les inconvénients restent nombreux», s'est exclamé Oliver Meier. Pour beaucoup de réticents, notamment du côté des Verts, c'est la faisabilité du projet qui suscite des interrogations. Zurich s'engage à disposer, dès l'été 2007, d'un stade prêt pour les compétitions. Les travaux devraient débuter fin 2005. Malgré les reproches et les doutes entendus, l'instigatrice du projet, la responsable des Travaux publics, Kathrin Martelli (PRD), a pu se montrer satisfaite. Désormais, la prochaine étape est attendue pour mars. Le parlement se prononcera sur les 5,7 millions de francs supplémentaires nécessaires à l'organisation de l'Euro.

Votation en juin 2005

Au-delà des nouvelles dépenses à consentir, la grande inconnue réside encore du côté de la volonté populaire. Les Zurichois se prononceront sur ces dépenses en juin 2005. Les éventuels opposants disposeront encore d'un mois pour user de leur droit de recours. Si un premier contact avec les riverains a plutôt rassuré la ville, l'expérience du Hardturm laisse de mauvais souvenirs derrière elle.