«Si nous ne parvenons pas, d'ici à la fin du mois de mars, à convaincre certaines personnes de renoncer à une partie de l'argent qu'ils nous réclament, il faudra accepter l'inéluctable. Nous communiquerons alors le nom des gens qui auront laissé mourir le Lausanne-Sports.» Assénée sur un ton grave, la déclaration de Philippe Guignard a résonné comme une menace, hier matin, dans les locaux du stade de la Pontaise. Le message présidentiel a mis sous pression la quinzaine de créanciers que compte le LS.

Après avoir remué ciel et terre, depuis six mois, pour tenter de sauver l'institution vaudoise, l'équipe dirigeante abat sa dernière carte. Avec la détermination et la franchise qui la caractérisent: «Par miracle, nous avons réuni 1,5 million, poursuit Guignard. Mais pas un sou de plus. Or, les créances privilégiées (les plus urgentes, celles qui concernent les charges sociales et les salariés, ndlr) s'élèvent à 2,85 millions. Ceux qui attendent en imaginant que nous pourrons revoir nos propositions à la hausse se trompent. Et en cas de faillite, ils ne toucheraient rien. C'est la réalité.»

Certains ont accepté les conditions du pâtissier d'Orbe, mais d'autres, dans leur bon droit, rechignent à abandonner leur dû. «J'ai beaucoup d'estime pour le travail admirable effectué par M. Guignard et son équipe, mais ils ne doivent pas se tromper de cible, affirme Robert Lei Ravello, ex-joueur du club et avocat de l'ancien entraîneur Pierre-André Schürmann. Mon client est prêt à négocier, mais la solution avancée dans l'urgence par le Lausanne-Sports, ces derniers jours, n'est pas acceptable.»

Si la situation demeurait sans issue, le club serait condamné à périr. Au moment même où un projet sportif et financier solide se dessine enfin. Séduit par le discours de Guignard, l'Argentin Gabriel Calderon prend en charge le domaine technique. Pour l'instant bénévolement. Il sera assisté par Jochen Dries et Paul Garbani dirigera la formation des M21. Entraîneur de la première équipe en début de saison, Pablo Iglesias s'est vu proposer le poste de directeur technique de la formation.

Patron d'IMG Suisse, Marc Biver intègre le comité du LS. Sa mission consistera à gérer le marketing: «Dès lundi, nous aurons pour tâche de commercialiser l'avenir de ce club.»