Le Temps: Vous avez la réputation de ne pas montrer vos sentiments. Ressentez-vous une plus grande excitation que vous n’en avez l’air ?

Carlo Janka: C’est vrai, je n’ai pas l’habitude de montrer mes émotions. En ce moment, je me sens plutôt décontracté. Je vais prendre conscience plus tard à quel point c’est un grand jour pour moi. Un titre de champion olympique est une des plus grandes choses qu’on puisse obtenir en ski alpin. Je l’ai fait aujourd’hui, mais c’est trop tôt pour réaliser.

Comment vous sentiez-vous avant la course?

La pression était immense. Je n’avais aucune médaille à ces Jeux. C’était ma dernière chance d’en décrocher une. La pression était vraiment là. Mais dès que j’ai franchi la ligne d’arrivée, elle s’est évaporée. Ce fut une super sensation.

Est-ce que vous pouvez évoquer vos sensations depuis le début des ces JO. Au premier entraînement, la neige était mouillée, vous étiez très loin et pourtant on ne vous sentait pas nerveux...

Ces Jeux ont mal démarré pour moi. J’avais des problèmes avec les conditions. Maintenant, la neige ressemble davantage à ce que j’aime. Je n’ai pas eu le succès que j’espérais dans les trois premières épreuves. Ce n’était pas des Jeux faciles pour moi jusqu’à aujourd’hui.

Si vous aviez pu choisir, auriez vous choisi le géant pour devenir champion olympique?

Non, je crois que j’aurais choisi la descente. C’est la discipline reine en ski alpin et quand tu es champion olympique de descente, tu es l’un des plus grands. (il sourit). Disons qu’en premier, je choisirais la descente et en deuxième le géant.

Après cet or olympique, avez-vous encore plus envie de vous battre pour tenter de décrocher le gros globe de cristal de la Coupe du monde ?

Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour gagner le classement général de la Coupe du monde. Mais je ne suis pas sûr d’y parvenir. J’ai besoin d’une pause maintenant. Puis j’irai en Norvège pour la prochaine étape de Coupe du monde et ferai de mon mieux.

Votre vie a-t-elle changé depuis votre victoire aux Mondiaux ?

Non, elle n’a pas beaucoup changé en fait. Je suis la même personne qu’auparavant. Mais ce qui a changé en revanche, c’est le fait que les gens en Suisse me reconnaissent et me demandent des autographes.