Pour la première fois dans l'histoire de la lutte antidopage, des tests de détection de l'EPO (érythropoïétine) seront donc pratiqués dès le 2 septembre. Personne ne s'attendait à une autre décision, et la commission exécutive du Comité international olympique (CIO), confortée par la validation d'une méthode conjointe sang-urine par des experts scientifiques il y a un mois, puis par le préavis positif de sa commission juridique réunie dimanche, n'a fait hier que répondre aux espoirs. «Cette décision est historique, a répété Juan Antonio Samaranch, président du CIO. C'est un signal fort envoyé aux tricheurs. Maintenant que l'EPO est détectable, j'ai bon espoir que nous puissions trouver également un moyen de lutter contre les hormones de croissance durant les prochains mois.»

Concrètement, les experts juridiques n'ont rien trouvé à redire à la méthode retenue. Pour eux, le risque de voir un athlète refuser un contrôle sanguin pour des motifs éthiques ou religieux et porter plainte avec succès devant un tribunal civil n'existe pas, puisque tout participant aux Jeux doit préalablement signer une convention dans laquelle il s'engage à accepter, notamment, des contrôles sanguins.

Dès jeudi prochain, date d'ouverture du village olympique, près de 400 tests inopinés portant sur l'EPO – 100 de plus que prévu avant la réunion d'hier – seront donc effectués hors compétition. Un chiffre qui porte le total des contrôles effectués sur tous les produits détectables avant et pendant les Jeux à près de 3000, soit le tiers des athlètes de ces JO. Chaque sportif testé subira un prélèvement de sang et un autre d'urine, analysés conjointement d'après les méthodes australienne (sang) et française (urine). L'urine prélevée pourra également servir de base de recherche des produits ordinaires, comme les anabolisants et les corticoïdes.

Enfin, et puisque le test français ne peut déceler des traces d'EPO exogènes que dans une fenêtre de trois jours, le CIO prévoit de mener des contrôles à Sydney, mais aussi à Perth, à Canberra, et dans des lieux où les sportifs s'entraîneront avant les Jeux. Autrement dit: à la meilleure période pour attraper les tricheurs, puisqu'une cure d'EPO produit ses effets pendant deux à trois semaines (lire nos éditions du 25 août). C'est là que la gestion des contrôles prendra toute son importance. «Nous orienterons nos tests vers des sports que nous savons touchés, assure le directeur médical du CIO, Patrick Schamasch. L'efficacité passe par une bonne planification.»