En conflit avec sa conscience, Jérôme Chiotti a décidé de parler de ses pratiques en matière de dopage. Celles-ci, affirme-t-il, lui ont permis de devenir champion du monde de VTT en 1996 en Australie. L'histoire date de quatre ans, mais elle provoque bien des remous. Normal, les aveux, contrairement aux soupçons, sont si rares dans ce domaine. Mais la vérité n'est pas toujours facile à assumer. Ses déclarations, c'est sûr, vont lui détruire sa carrière. Financièrement, car il va perdre une bonne partie de ses contrats. Et sportivement, car il risque une longue suspension. Celle-ci est-elle justifiée? C'est là que le problème des repentis devient insoluble. Certes, Jérôme Chiotti mérite d'être sanctionné pour avoir transgressé les règles de son sport. Mais, d'autre part, seuls des vérités de ce type permettent de contrer la politique du «cela va mieux» sermonné par de nombreux dirigeants sportifs. Dans cette histoire, une seule chose paraît certaine: une punition exemplaire ne fera que renforcer la loi du silence qui règne chez les sportifs, même chez ceux qui ont abandonné les substances interdites.

Combattre le dopage, c'est aussi en parler ouvertement. Et pas seulement en termes scientifiques. Mais tant que les sportifs risqueront de perdre leur avenir, ils seront rares à donner les clés des pratiques interdites. Impasse? Peut-être pas. Plusieurs fois, des autorités, persuadées d'avoir atteint le point de non-retour, ont décidé d'une amnistie, notamment en matière fiscale. Pourquoi le cyclisme n'en ferait-il pas autant? Il donnerait ainsi l'occasion à ceux qui le souhaitent de sortir de l'ombre. Passé ce délai, rien n'empêcherait plus les dirigeants de brandir des sanctions réellement dissuasives. P. O.