La FIFA a exigé lors de sa plaidoirie jeudi le remboursement des quelque 2,2 millions de francs qui ont été versés à l'ex-président de l'UEFA Michel Platini. La fédération estime avoir été trompée.

Dans le contrat entre l'ancien président de l'UEFA Michel Platini et la FIFA, rien n'indique que les 300 0000 francs versés à Michel Platini ne sont qu'un «acompte» et qu'il devait en fait recevoir un million de francs par an pour son activité de conseiller, a déclaré l'avocate de la FIFA, Catherine Hohl-Chirazi, devant le Tribunal pénal fédéral, au septième jour du procès visant Sepp Blatter et Michel Platini.

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De plus, aucune ratification du paiement n'a jamais eu lieu, a poursuivi Catherine Hohl-Chirazi. Le paiement n'a pas été mis à l'ordre du jour, ni mentionné ou discuté. De son côté, l'ancien footballeur français Platini n'a pas annoncé avoir reçu la somme.

L'avocate a estimé que la FIFA n'était pas coupable. Le paiement de deux millions le 1er février 2011 est incompréhensible. Il n'apparaît en effet nulle part, a constaté Catherine Hohl-Chirazi, ce qui laisse supposer qu'il a été effectué sans raison légale. La fédération a été «trompée avec astuce», a résumé l'avocate. Elle a réclamé au Tribunal pénal fédéral le versement d'une indemnité de 2 229 126 francs.

Aucune base légale

La veille, le Ministère public de la Confédération avait requis une peine de prison avec sursis d'un an et huit mois contre les deux hommes. Il accuse le Valaisan de 86 ans et le Français de 20 ans son cadet de fraude. Sepp Blatter a approuvé un paiement de deux millions de francs pour de prétendus services de conseils de Michel Platini au bénéfice de la FIFA entre juillet 1998 et juin 2002. Or le MPC ne voit aucune base légale à ce paiement.

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Les deux accusés ont rejeté en bloc les accusations la semaine dernière devant le Tribunal pénal fédéral de Bellinzone. L'ex-président de l'UEFA voit dans cette accusation un complot qui aurait servi à l'empêcher de devenir président de la FIFA, ouvrant la voie à Gianni Infantino, son bras droit d'alors à l'UEFA qui est visé depuis 2020 par une procédure distincte pour trois rencontres secrètes avec le parquet.

Le procès reprendra vendredi à 9h avec la plaidoirie de la défense de Joseph Blatter. L'ouverture du jugement est fixée au 8 juillet.

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