«Je suis président du Paris Saint-Germain, du BeIN Media Group, de la fédération de tennis du Qatar. Membre de Qatar Sport Investment (QSI), de Qatar Sport Authority (QSA), du comité exécutif de l’UEFA, du comité directeur de l’Association des clubs européens (ECA). Membre de Miramax. Ministre d’Etat. Et c’est tout ce dont je me souviens.» Dès les premières minutes de son audition, le ton est donné: Nasser al-Khelaïfi, qui déclare «de 15 à 25 millions de dollars de revenus annuels» et «entre 70 et 100 millions» de fortune personnelle, n’est pas un prévenu comme les autres.

Il le voudrait qu’il ne le pourrait pas. Le médecin cantonal tessinois l’a dispensé de quarantaine (il est domicilié à Doha) mais a incité la Cour des affaires pénales à installer trois panneaux de plexiglas qui l’isolent du reste de la salle. Ses avocats lui ont sans doute conseillé de s’exprimer en arabe. Il comprend pourtant suffisamment bien le français pour reprendre son interprète lorsqu’elle traduit mal certains termes sportifs ou économiques. Grand, très mince mais large d’épaules, les cheveux d’un noir épais sur un long visage anguleux, il a des airs de Novak Djokovic. Surtout lorsqu’il boit de l’eau, régulièrement, à petites gorgées, comme le joueur de tennis professionnel qu’il fut.