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Polish players rest in the break before the extra-time started during the Euro 2016 quarterfinal soccer match between Poland and Portugal, at the Velodrome stadium in Marseille, France, Thursday, June 30, 2016. (AP Photo/Martin Meissner)
© Martin Meissner

Euro 2016

Les prolongations servent-elles encore à quelque chose?

Autrefois spectaculaires, les 2x15 minutes supplémentaires en cas d’égalité ne font plus la décision. La peur de perdre et le refus de la prise de risque conduisent souvent aux tirs au but

N’y comptez pas trop… France-Allemagne approche, alors vous vous dites: Séville 82, Battiston, Schumacher, et des prolongations d’anthologie, la volée de Trésor, la supplique de Jean-Michel Larqué à Didier Six («en retrait pour Giresse!»), Rummenigge voûté, le ballon sous le bras, sonnant le réveil allemand, le retourné de Klaus Fischer… Mais ça, c’était avant.

Dans le football moderne, il ne se passe plus rien, ou si peu, en prolongations. Un seul but, portugais, en quatre prolongations (Suisse-Pologne, Croatie-Portugal, Allemagne-Italie, Portugal-Pologne) et deux heures de jeu. Même Allemagne-Italie, samedi, ne fut qu’une insipide et triste copie de la folle fin de match de 1970 (5 buts en 18 minutes).

C’est une tendance nette. Sur les six derniers tournois internationaux (Coupe du monde 2006, 2010 et 2014, Euro 2004, 2008 et 2012), 24 matchs à élimination directe sont allés en prolongations. Seize fois (66% des cas), cela se termina aux tirs au but, dont quatorze fois (58% des cas) sans aucun but.

La prudence l’emporte sur la fatigue

Le premier tour avait pourtant été marqué par une profusion de buts inscrits en toute fin de match: 18 dans les cinq dernières minutes, sur 78 au total. Des études scientifiques invoquaient la fatigue, la baisse de concentration, l’inégale qualité des remplaçants. Pourquoi ces facteurs n’opèrent-ils plus en prolongations? Parce que la prudence l’emporte sur la fatigue.

Le même scénario se répète: des équipes frileuses qui attendent la fin du match dès l’égalisation, puis les tirs au but dès le début des prolongations. A ce niveau, il faut un engagement total pour espérer marquer. Mais s’engager c’est s’exposer, et prendre le risque de se faire contrer. Comme ces gens qui n’osent pas aimer de peur d’être déçus, les entraîneurs renoncent à essayer de gagner et s’en remettent à la chance ou à leur gardien. C’est la logique du «responsable mais pas coupable»: on veut bien assumer une élimination mais pas en être la cause.

Lors des séances de tirs au but, les commentateurs soulignent le courage des tireurs. Ils oublient de dire que s’ils se retrouvent ainsi à marcher seul vers leur destin, c’est parce qu’ils ont précédemment refusé d’assumer toute prise de risque. Simple calcul rationnel. La dramaturgie d’une séance de tirs au but est telle que celui qui rate devient un héros tragique, une victime de la cruelle loi du sport. Cela vaut mieux que de passer pour le renégat qui a laissé l’attaquant partir dans son dos.

Un média britannique a recommandé de faire tirer les penaltys avant le début des prolongations. Cela prend trop de temps et coupe le rythme du match. A choisir, nous préférerions une solution plus radicale: le tirage au sort, avant le début des prolongations. Simple, rapide et suffisamment arbitraire pour convaincre au moins une équipe de tenter quelque chose.

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© JOHN MACDOUGALL