Dans les milieux sportifs suisses, il y a quelques semaines déjà que les annonces du Conseil fédéral provoquent moins de fébrilité que celles concernant le paquet de stabilisation. La saison est quasi terminée, déjà fichue, et un éventuel retour du public, progressivement, à partir du 26 mai arriverait comme la grêle après les vendanges. Le hockey sur glace en aura terminé, le football également (finale de la Coupe le lundi de Pentecôte 24 mai). Le Tour de Romandie sera passé.


Lire encore:


Restait le tournoi du Gonet Geneva Open, qui espérait sans trop y croire pouvoir accueillir un peu de monde pour la venue-évènement de Roger Federer au parc des Eaux-Vives, du 15 au 22 mai. Pour sa rentrée après plus d’un an d’absence, le 10 mars dernier à Doha, Federer avait joué devant un stade rempli au tiers, ce qui ne lui était pas arrivé depuis une quinzaine d’années mais avait suffi à donner un peu de relief, d’ambiance et de chaleur au match.

Frustrant mais plus simple

Ce ne sera pas le cas à Genève, où le stade ne sera accessible qu’à 100 personnes hors bulle sanitaire (comprenant arbitres, médias, officiels, bénévoles). «Nous réservons ces quelques billets à nos sponsors, au prorata de leur investissement, puisque ce sont eux qui font vivre le tournoi», explique Thierry Grin, le directeur du Geneva Open, qui veut faire contre mauvaise fortune bon cœur. «Les conditions seront très spéciales mais nous n’oublions pas que sans ce contexte particulier, Roger Federer ne serait jamais venu ici.»

Paradoxalement, l'annonce d'une jauge à 500 ou 1000 spectateurs aurait été un vrai casse-tête. «Il y a une telle demande pour venir voir jouer Federer!, s'étonne Thierry Grin. Sans limitation, nous essayerions de monter la tribune la plus grande possible. Et avec 1000 personnes, il aurait fallu imaginer un système de loterie pour attribuer les billets de manière équitable. Même là, avec zéro place en vente, nous recevons des centaines de demandes par jour. Des gens trouvent mon numéro de portable. Je ne serais pas surpris si certains étaient en train de se construire une cabane dans les arbres du parc...»