Le peloton les a baptisés «les vampires». Après les 51 contrôles effectués à Sestrières, les inspecteurs médicaux de l'Union cycliste internationale (UCI) ont réalisé 40 nouveaux contrôles sanguins vendredi matin entre 7 heures et 8 h 20. Ils concernaient huit équipes. Aucun coureur n'a été déclaré inapte, ce qui a le don de réjouir Hein Verbruggen, le président de l'UCI: «Il y a une amélioration dans les contrôles d'hématocrite. Avant, la majorité des coureurs étaient à 48 ou 49%. On n'a pas eu de tels taux lors du contrôle effectué le 14 juillet.»

Ce tableau positif – qui ne surprend personne, tant ces examens étaient attendus – n'est cependant pas une raison pour baisser la garde. Hein Verbruggen annonce déjà d'autres analyses, «même sur des coureurs déjà contrôlés.» Mieux: pour la première fois, et à titre expérimental, tout ou partie du peloton se soumettra lundi, lors de la journée de repos, à un examen de PFC, abréviation de perfluorocarbone, une molécule de synthèse administrée dans les hôpitaux pour les accidentés qui ont perdu beaucoup de sang et détournée depuis à des fins de dopage en raison de sa capacité à remplacer l'hémoglobine qui transporte le sang, sans augmenter le fameux hématocrite (lire LT du 16 juillet).

Le laboratoire français de dépistage du dopage, sis à Châtenay-Malabry et accrédité par le CIO, a en effet mis au point une méthode de dépistage du PFC. Avec l'accord de l'UCI et des coureurs, et sous le contrôle du Ministère de la jeunesse et des sports, cette nouvelle méthode sera testée in vivo. La procédure est très simple. Le coureur convoqué soufflera dans un ballon, comme pour un alcootest, et hop, l'affaire sera réglée. L'analyseur des gaz expirés donnera aussitôt son verdict.

Quoi qu'il arrive, aucune communication officielle n'est à attendre. Seuls les directeurs sportifs seront avisés des résultats obtenus. «Il n'y aura pas d'exclusions, explique Hein Verbruggen, car il faudrait effectuer des contre-analyses impossibles pour l'instant. Nous travaillerons dans la discrétion et dans la confidentialité liant le médecin et le Ministère de la jeunesse et des sports.»

Ce nouveau test, même encore expérimental, complète l'arsenal antidopage dont se dote l'UCI. Au Puy-du-Fou, une méthode permettant la détection des corticoïdes synthétiques a déjà fait son apparition. Si tout n'est pas encore propre dans le peloton, il y a progrès. A L'Equipe, Daniel Baal, président de la fédération française a dit sa détermination: «Il faut maintenir un discours fort et multiplier les actions dissuasives».

I. J.