TYLER HAMILTON

L'Américain a longtemps servi d'équipier modèle chez US Postal à son compatriote Lance Armstrong, l'aidant à remporter trois de ses quatre Tours de France entre 1999 et 2001. Catalogué éternel lieutenant du boss, Tyler Hamilton a fini par s'affranchir en intégrant la formation danoise CSC. En 2002, il entame

une seconde carrière, terminant 2e du Giro et 15e de la Grande Boucle.

«J'ai vécu mes six premiers Tours sans nourrir la moindre ambition personnelle (ce qui ne l'a pas empêché de finir 13e en 1999, ndlr), explique Hamilton. L'an dernier, j'ai découvert un nouveau rôle. Aujourd'hui, je souhaite prendre mes responsabilités: je vise une place dans les cinq premiers.» L'Américain respecte trop son ancien chef de file pour s'avancer davantage. Il avoue s'être inspiré de lui au cours d'une préparation spécialement axée sur le Tour. Bon grimpeur, rouleur efficace, il possède les moyens de se mêler à la lutte pour le podium. D'autant que la confiance est de la partie, puisque Hamilton s'est adjugé au printemps Liège-Bastogne-Liège et le Tour de Romandie. A 32 ans, le lieutenant est-il en passe de devenir général?

JAN ULLRICH

Lorsqu'il remporte le Tour 1997, à 24 ans, Jan Ullrich semble entamer un long règne sur le peloton. Mais l'Allemand, 2e en 1998, 2000 et 2001 – comme en 1996 pour sa première participation –, n'honore qu'à moitié les espérances placées en lui. Il doit se contenter d'un rôle de dauphin.

En 2002, il plonge littéralement. Alliés à un genou récalcitrant et à quelques kilos superflus, ses frasques nocturnes et un contrôle positif aux amphétamines en juin – il aurait pris des «pilules» lors d'une soirée arrosée – mettent en danger sa carrière. La rupture avec son équipe Deutsche Telekom et le rejet d'un peuple qui en avait fait une idole n'arrangent rien. Au fond du trou, le natif de Rostock est repêché par Coast, qui part en faillite.

La marque de cycles italienne Bianchi sauve les meubles et redonne une chance à Ullrich. Ce dernier fait preuve de sagesse en ne brûlant pas les étapes. Il s'installe en Suisse, loin de la frénésie médiatique, retrouve la forme progressivement et fonde une famille. Papa depuis mardi dernier, Ullrich est un autre homme. Il a soif de revanche. Et sa tête, peut-être plus que ses jambes, est enfin prête pour la gloire.

JOSEBA BELOKI

Joseba Beloki parle peu. Sa discrétion est telle qu'on a parfois tendance à oublier sa présence effacée, mais bien réelle, sur le podium des trois dernières éditions du Tour. Troisième en 2000 et 2001, dauphin d'Armstrong l'an passé, le chef de file de l'équipe espagnole Once n'a l'air de rien. Mais l'impression inoffensive que laisse le Basque est – volontairement? – trompeuse.

Cette année encore, Beloki ne fait pas de bruit. Il se terre, feinte la concurrence. Après une mise en train passée inaperçue, il a remporté la modeste Clasica Alcobendas en mai, avant de prendre la deuxième place de la Bicyclette basque le 8 juin dernier. Depuis, alors que tous les ténors du peloton se sont jaugés sur diverses courses, lui n'est pas réapparu en compétition, préférant parfaire sa condition près de chez lui, à Lazkao, à l'abri des regards.

Lorsqu'on le désigne, à l'image de son directeur sportif Manuel Saiz, comme l'un des seuls coureurs susceptibles de mettre Armstrong en danger, Beloki se réfugie dans un mutisme amusé. Lorsqu'on insiste, il répète que l'Américain semble plus fort que jamais. La réserve excessive du Basque cache quelque chose.

GILBERTO SIMONI

Marco Pantani est le dernier coureur à avoir remporté, en 1998, Tour d'Italie et Tour de France dans la foulée. Cinq ans après, Gilberto Simoni veut imiter le «Pirate», aujourd'hui en galère. Le grimpeur de la formation Saeco, qui avait encore son exclusion de l'an passé à la suite de deux contrôles positifs à la cocaïne en travers de la gorge, s'est montré intenable dans les cols du Giro.

Auréolé de sa démonstration sur les routes transalpines, Simoni s'est fendu d'un nouvel assaut, verbal celui-ci. Sans y aller par quatre chemins, il a exprimé son envie de surpasser le redoutable pic que forme Lance Armstrong: «Je respecte Lance, qui est le patron de la maison, dit-il. Mais personne ne l'a jamais véritablement attaqué dans la montagne. C'est mon objectif.» L'Italien aura-t-il récupéré de ses efforts? Il a tout fait pour. Depuis son sacre de Milan, le 1er juin, nulle festivité abusive, nulle dispersion médiatique. Un seul but en tête: être prêt pour le départ de la Grande Boucle, sa troisième après son abandon en 1995 et sa 117e place en 1997. Pour parvenir à ses fins, Simoni, peu performant contre la montre, devra faire des dégâts dans la montagne, son aire de jeu.