Football

Quatrième Ballon d’or pour Cristiano Ronaldo

Le Portugais a remporté le trophée revenu dans le giron du magazine «France Football». Il devance Lionel Messi et Antoine Griezmann

Cristiano Ronaldo a un Ballon d’or (valeur: 13 000 euros) à ajouter à sa prochaine déclaration de revenus. Le buteur portugais du Real Madrid a remporté lundi soir le trophée individuel de référence, décerné par le magazine «France Football».

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En 2016, il a remporté la Ligue des Champions avec le Real Madrid et l’Euro avec le Portugal, et réussi 51 buts et 17 passes décisives en 55 matches. Cristiano Ronaldo devance l’Argentin Lionel Messi (FC Barcelone, deuxième) et le Français Antoine Griezmann (Atlético Madrid, troisième).

Vieille tradition

Débarrassé de l’encombrant parrainage de la FIFA qui, durant cinq ans, avait «boosté» le trophée pour en faire un grand show planétaire sur le modèle des Oscars, «France Football» a renoué avec la vieille tradition du vote des seuls journalistes, de la rencontre en catimini du lauréat (au siège du Real Madrid) et de la une du magazine qui fuite dans la presse étrangère. Cristiano Ronaldo a reçu son prix lors d’une séquence enregistrée, puisqu’il se trouve actuellement au Japon où le Real dispute cette semaine la Coupe du monde des clubs.

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Elue avec une avance confortable, la star du Real Madrid n’a pourtant pas survolé la saison. «CR7» n’a pas été élu meilleur joueur d’Espagne (Luis Suarez, devant Antoine Griezmann) ni meilleur joueur de l’Euro (Antoine Griezmann). Il a été désigné meilleur buteur de la Ligue des Champions (16 buts, 7 de plus que Robert Lewandowski), mais pas de la Liga (Suarez) ni de l’Euro (Griezmann). Il n’a pas remporté la Liga (FC Barcelone), n’a pas été décisif en finale de la Ligue des Champions (pas de but, meilleur joueur: Sergio Ramos) et, sorti sur blessure, a vécu essentiellement du banc de touche la victoire de ses coéquipiers portugais en finale de l’Euro.

Une année «sans» pour Messi

Trois attaquants portant les couleurs de trois clubs espagnols, le retour du Ballon d’or dans le giron de son créateur ne rompt pas avec les habitudes prises ces dernières années. Depuis 2008, les deux premières places sont prises par Cristiano Ronaldo et Lionel Messi. A propos de Messi, on peut dire qu’il est comme les Allemands décrits par Gilbert Gress: vainqueur les bonnes années, deuxième les mauvaises saisons.

2016 fut une année «sans»: une nouvelle Liga avec le Barça mais pas de Ligue des Champions et une nouvelle finale de Copa America perdue en finale avec l’Argentine contre le Chili. L’Argentin et le Portugais sont sans conteste les deux joueurs dominants de la décennie. Mais les annales retiendront que l’époque, obnubilée par les buts et les statistiques, sera passée à côté d’Andres Iniesta, Xavi ou Gianluigi Buffon.

A deux poteaux près, Antoine Griezmann aurait pu prétendre déboulonner les deux icônes du foot mondial. Mais son penalty sur la transversale en finale de la Ligue des Champions et le tir sur le poteau de son coéquipier André-Pierre Gignac à la dernière minute du temps réglementaire de la finale de l’Euro l’ont fait basculer dans le camp des perdants. Pepe, lui, est bien dans le camp des gagnants puisqu’il partage le vestiaire de Cristiano Ronaldo au Real et en sélection du Portugal. Mais il n’est que défenseur, et ne se classe que 9e (derrière 8 joueurs offensifs).

Avec quatre Ballon d’or, Cristiano Ronaldo se rapproche du record de Messi (5) et dépasse désormais Johan Cruyff, Michel Platini et Marco van Basten, tous triples lauréats. Est-ce à dire que Cristiano Ronaldo restera dans les mémoires comme un plus grand footballeur que Cruyff et Platini? Poser la question, c’est ouvrir la querelle des anciens et des modernes. Cristiano Ronaldo, classé au Ballon d’or sans interruption depuis 2004, est – avec son alter ego Messi – le joueur le plus constant au plus haut niveau depuis sans doute Pelé. Mais il n’a pas eu l’influence sur le jeu d’un Cruyff, d’un Beckenbauer ou d’un Maradona.

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