Le Temps: Comment vous sentez-vous à la veille du départ de la dernière étape, entre Norfolk (Etats-Unis) et Bilbao (Espagne)?

Bernard Stamm: Nickel. J'ai eu six semaines pour me préparer, ça devrait aller. Nous avons démonté complètement le bateau, tout en le laissant à l'eau, afin de vérifier toutes les pièces. Ce serait stupide de casser quelque chose dans la dernière étape.

- Vous avez eu le temps de retourner en France...

- Oui, pour voir les sponsors et mon nouveau bateau au chantier à Caen. J'ai une équipe sur place qui le prépare pour la saison 2007, qui comprend le tour des îles Britanniques en mai et la Barcelona Race (ndlr: course autour du monde en double sans escale) au mois de novembre.

- A ce propos, avez-vous décidé avec qui vous disputerez cette course?

- Non, pas encore.

- Comment abordez-vous cette traversée de l'Atlantique?

- Plus comme une transat que comme une étape de plus. L'avantage de cette course, c'est que la flotte est regroupée à chaque fois. C'est un peu comme une nouvelle régate qui commence. Même s'il ne faut pas perdre de vue le classement général et ne pas prendre de risque en appuyant sur le champignon.

- Oui, parce que, à ce niveau-là, vous êtes tranquille...

- Le classement étant désormais au temps, j'ai quasiment quinze jours d'avance. Autant dire que j'ai de la marge! (rires) Mais il faut que je me méfie. Le plus grand danger, c'est moi-même.

- Aurez-vous une gestion de la course différente avec une telle avance?

- Forcément, mais je vais quand même essayer de gagner l'étape. Ça me ferait mal de ne pas la claquer. Il faudra trouver le bon rythme.

- Avez-vous déjà la tête dans la suite de vos projets?

- Je l'avais quand je suis rentré en France, mais depuis que je suis revenu à Norfolk, je me suis replongé dans la course. Je planche sur la météo.

- Et qu'est ce qui s'annonce?

- D'après ce que j'ai vu, on va partir derrière un front, c'est-à-dire avec une dépression. On devrait donc aller assez vite.