Champion du monde de descente en 1970, champion olympique deux ans plus tard, à Sapporo, puis vice-champion olympique en 1976 à Innsbruck dans la même discipline, le Suisse Bernhard Russi – 10 victoires en Coupe du monde entre 1970 et 1977 (1 en géant pour 9 en descente) – est désormais un concepteur réputé de pistes de descente.

A Sankt Anton pourtant, ce n'est pas lui qui a créé le tracé de la descente masculine (qui se déroulera samedi midi), mais Karl Schranz, autre star retraitée du ski. L'Autrichien a même donné son nom à cette piste longue de 3086 m pour 960 m de dénivellation et qui offre une pente moyenne de 31% (avec tout de même une portion à 78%).

Bernhard Russi donne donc un avis d'initié sur les caractéristiques de la piste tyrolienne.

Le Temps: Votre appréciation sur le tracé de cette descente masculine?

Bernhard Russi: La morphologie de la montagne a permis de créer une descente très raide, très technique. A mon sens, la piste sera difficile à contrôler. Le travail accompli par les organisateurs me laisse admiratif.

– Plusieurs skieurs peuvent briguer le titre mondial. Quel est le profil du futur vainqueur?

– Un skieur qui possède une technique parfaite. Pour gagner, il devra aussi être capable d'improviser.

– Qu'entendez-vous par là?

– Il lui faudra dépasser ses limites et skier bien plus qu'à 100%. Il conviendra aussi de rester libre dans sa tête pour réagir rapidement. Et pourquoi pas se laisser aller à des coups de folie.

– Seriez-vous en train de nous livrer le profil d'Hermann Maier?

– Disons qu'Hermann a en tout cas 60% de chances de l'emporter. C'est beaucoup.

– A qui bénéficient les 40% restants?

– Didier Cuche, s'il ne réfléchit pas trop, s'il se lâche suffisamment. Ce qu'il n'a pas su faire lors du super-G de mardi. Didier est l'un des meilleurs techniciens du circuit actuellement et, depuis qu'il est arrivé à Sankt Anton, il a produit un très bon ski tant à l'entraînement que lors du super-G. Mais je le répète, il lui faudra battre Hermann Maier. Et se méfier des autres…