Fabian Cancellara est de retour aux affaires. Et le programme s'annonce copieux: Tour de Catalogne - dès lundi -, Tour de Suisse, Tour de France, Jeux olympiques. En contre-la-montre et sur route. Après la pause qu'il s'est accordée depuis Paris-Roubaix, le double champion du monde de contre-la-montre a fait part à la presse hier de ses projets.

Le Temps: Sur les quatre échéances fixées, quels sont vos objectifs?

Fabian Cancellara: La priorité, c'est les Jeux olympiques. Je voudrais ramener une médaille d'or en contre-la-montre. Au Tour de Catalogne et au Tour de Suisse, il s'agit pour moi d'accumuler les kilomètres en compétition. Et au Tour de France, on verra ce qui se présente (ndlr: en l'absence de prologue, le Bernois attendra la quatrième étape pour se mesurer au chronomètre, sur 29,5 km).

- Le Tour de France finit le 27 juillet, le contre-la-montre à Pékin aura lieu le 13 août. Un programme colossal, non?

- Où est-ce que je terminerai le Tour de France? La question reste entière. Normalement, on n'abandonne pas sciemment dans un grand tour. Mais ma situation est particulière et l'équipe le sait. Mentalement, ce n'est pas un problème de terminer la Grande Boucle. Mais il s'agira de voir comment je me sentirai physiquement.

- Cette saison, vous avez gagné trois courses dès le début de la saison. N'était-ce pas risqué pour la suite?

- Si je devais recommencer, je ne ferais pas autrement. Dans la vie, on ne sait jamais quel problème de santé ou quel coup de malchance peut survenir. Il faut saisir les opportunités comme elles viennent. J'étais allé à Tirreno-Adriatico sans pression, afin de me mettre en condition pour les classiques. Et je l'ai gagné.

- De quel entourage bénéficierez-vous pour les JO?

- Du mécanicien et du masseur de la CSC qui m'ont suivi lors des championnats du monde.

- Qu'est-ce qui est le plus difficile à gérer, dans la préparation pour cette échéance?

- Avec Swissolympic, on a beaucoup de points à discuter. Sur le voyage, l'acclimatation... Pour le reste, je sais ce que je dois faire. J'ai vu le parcours sur DVD et j'ai parlé à des gens qui se sont rendus sur place.

- Vous aurez la pancarte de favori dans le dos. Comment allez-vous gérer la pression?

- Je sais me déconnecter de la tension à des moments précis. Et puis, dans ma carrière, le plus souvent, j'ai atteint mes buts. Cela m'a permis d'acquérir de l'expérience.

- Cette année, comme vous l'avez montré au Tour de Californie et à Tirreno-Adriatico, vous avez progressé dans le passage des côtes. Cela vous ouvre-t-il de nouvelles perspectives à moyen terme?

- Le but, c'est de gagner un jour un Tour de Suisse. Si cela suffira pour prétendre à une victoire au Tour de France, je n'en sais rien. Je pourrais travailler dans cette optique. Cela reste encore un rêve. Gagner les classiques ardennaises est peut-être plus réaliste. Se fixer des objectifs différents de ceux que l'on a déjà réalisés est stimulant. Mais se préparer pour un grand tour impliquerait des changements au niveau du poids, de la masse musculaire, de la gestion des efforts. Je suis prêt à modifier des choses, mais pas trop.